J'ai mon voyage!
J’ai mon voyage !
Les Québécois ont leurs expressions à eux surtout lorsque, pas suite d’une exaspération ou d’un mécontentement, ils poussent une exclamation. C’est ainsi que pour dire « Mon Dieu ! », ils préfèrent « Mes aïeux » ! Sans doute parce que la foi chrétienne a de plus en plus disparu. Ils vont même plus loin. Lorsqu’ils sont fâchés et qu’ils ne peuvent pas mâcher leurs mots, ils vous envoient carrément à la figure : « Tabarnac ! » C’est une déformation du lieu où les églises conservent leurs osties sacrées ! Il y en a même qui ont l’audace de s’écrier carrément « Christi ! », comme s’ils s’en prenaient au Christ en personne ! Cela ne devrait pas nous surprendre outre mesure.: « Car le nom de Dieu est à cause de vous blasphémé parmi les païens, comme cela est écrit. » Louis Segond Bible (1910). Une autre expression plus modérée est « J’ai mon voyage ! » C’est équivalent à « cela me dépasse ! » ou « je n’en reviens pas ! »
Dans mon article intitulé « Bas-Zaïre à la mer », je suis resté surpris de l’absence d’archives sur l’histoire du Bas-Congo d’avant l’indépendance. J’aurais plutôt dû parler des archives de la R.D.C. tout court.
Reconstituer le passé historique, c’est à la fois une nécessité et une tâche ardue. Des chercheurs et des archéologues font des études universitaires appropriées et vont jusqu’à fouiller dans les décombres pour retrouver des vestiges du passé. Cela a permis de donner l’heure juste relativement à certains récits notamment ceux qui nous parlent de la création du monde ainsi que des événements qui se sont déroulés à des époques lointaines dont certains sont encore demeurés des mythes jusqu’ici.
J’ai beau parcourir les témoignages de certaines personnes qui ont connu le Congo colonial, je reste toujours sur ma soif. Wikipédia nous donne une synthèse le l’histoire du Congo : Colonisation du Congo - Wikipédia. D’autres récits ou témoignages découlant de vécus et recherches individuels ne nous donnent pas l’heure juste. Histoire de la colonisation belge du Congo 1876 1910. J’en ai recensé d’autres que je ne peux malheureusement pas vous livrer. Mon ordinateur me met en garde contre d’éventuels virus. Qu’à cela ne tienne ! De toute façon, ils ne nous auraient rien appris de plus que nous ne savions déjà. J’ai jeté un coup d’œil à quelques images : Voyage humanitaire à Kinshasa: Histoire du Congo, la colonisation ...Je n’en sais toujours pas plus par rapport à nos archives.
Mon interrogation se situe au niveau des noms des autorités coloniales qui dirigeaient le pays au début du 20ème siècle jusqu’à son accession à l’indépendance en 1960 de même que ceux des premiers Congolais qui leur ont succédé. Prenons juste la Ville de Kinshasa et ses communes. Quels en ont été les dirigeants : gouverneurs, commissaires de district, bourgmestres et commissaires de police ? Il y a une impression de vide. J’ai moi-même travaillé dans une administration héritée de la colonisation. Je puis affirmer qu’il existait des dossiers datant d’une vingtaine d’années. Dans le courrier qui m’était transmis par l’administrateur de territoire, certains portaient la mention « à classer » Et, lorsque nous recherchions une lettre de référence, c’est encore vers les dossiers d’archives que nous nous tournions ! Si dans une petite localité comme Kasa-Ngulu des archives existaient, qu’en est-il des autres territoires, des districts, des provinces et même du gouvernorat général ?
Nous avons eu au Congo une Fonction publique qui disposait de renseignements sur tous les fonctionnaires de l’État. Cela a dû être la même chose des fonctionnaires coloniaux ? Je suis tombé sur un article qui nous propose cette question :Congo 1908-2008 | Télémoustique- Question 5* : quelles sont aujourd’hui les conséquences positives de la colonisation belge ? (et aspects négatifs) ?
« Par conséquent, au moment de l’Indépendance, il n’y avait pas de relève compétente pour la prise en charge du pays et de ses infrastructures. Les Colons belges ont très peu impliqué les populations locales dans la gestion publique de l’Etat."
« Les agents territoriaux
Les fonctionnaires ou agents territoriaux étaient dans le début des années 1890 au nombre de 175. Ils étaient responsables de l’exploitation du pays. La majeure partie de ce personnel territorial (environ 60%), était représentée par les chefs de poste, généralement des sous-officiers, provenant des casernes belges. Les commissaires de district, souvent de jeunes lieutenants détachés de l’armée belge, avaient une partie de leur salaire versée par l’état belge et gardaient leurs droits à la pension en Belgique. Un tiers de ces agents partis au Congo avant septembre 1895 allait y mourir. Ce haut taux de mortalité allait graduellement diminuer à partir de 1900. »
Léopold, quant à lui, fit brûler les archives de l'État depuis 1908 afin que nul ne ... Après 1920, le système colonial belge sera moins meurtrier, mais…
Tout cela faute d’une bonne gestion des repères autrement appelés « archives » ou « informations administratives » ou encore «documents administratifs ». Pensez-vous qu’avec cet état de choses, la RDC pourra réellement démarrer ? La gestion des archives en République démocratique du Congo posait déjà problème avant notre accession à la souveraineté internationale. Les archives en RDC n’ont connu que des moments difficiles, soit négligées, soit détruites, soit encore pillées.
Conséquence : le pays n’a plus de repères pour décoller, la RDC est restée longtemps comme un pays vaste et non une grande nation. Pays vaste est celui où les informations administratives échappent aux autorités.
Dans ce cas, la rumeur prend la place de la vraie information, la mégestion remplace la bonne gouvernance; le tâtonnement prend la place de décision et l’arrêt de la nation remplace la continuité de l’Etat.
J’espère que nos archives nationales, provinciales, régionales et territoriales n’ont pas subi le même sort ? Dans l’affirmative, il faudra bien se résoudre à débloquer des fonds et dépêcher d’urgence des émissaires chevronnés pour qu’ils se rendent en Belgique où sont conservées les archives de la colonisation du Congo-Belge. C’est notre identité même qui est en jeu ! Mes aïeux !