L'arrogance d'Eddy Murphy.
L’arrogance d’Eddie Murphy.
Hier soir, j’ai suivi sur Canal D une biographie consacrée à l’acteur américain Eddy Murphy. Dans mon dernier article, intitulé « Apocalypse 2012, il est cité parmi les dix acteurs les mieux payés du monde. En fait, il est 4ème ex æquo avec Nicolas Cage grâce à sa prestation dans Dans Ses Rêves, sorti en septembre 2009, lequel lui a rapporté 46,51 millions US, soit 31.3 millions d'euros.
Eddie Murphy est un humoriste hors pair qui s’est hissé au dixième rang des plus grands comiques américains de tous les temps. Découvert dans l'émission Saturday Night Live et ses spectacles Delirious (1984) et Raw (1987), il doit sa célébrité mondiale à ses rôles dans Le flic de Beverly Hills, Le Professeur Foldingue, et plus récemment dans Dreamgirls. Pour ce dernier, il a d’ailleurs reçu une nomination aux Oscars de 2007 à titre de meilleur second rôle masculin. À ses débuts, son style comique s'inspirait de ses idoles Richard Pryor et Bill Cosby.
Sa carrière est jalonnée de nombreux films qui ont rapporté chacun plus de 100 millions de dollars dont les plus connus sont « 48 heures » (1982) « Un fauteuil pour deux » (1983), « Le flic de Beverly Hills2 (1984), « l’Enfant sacré du Tibet » (1886), « Un prince à New York » ( 1988 ), « Boomerang » (1992), « Un vampire à Brooklyn » (1995), "Doctor Doolittle"(1998), "Showtime" (2001) avec Robert De Niro, "Le Manoir Hanté et les 999 fantômes" (2003). Depuis 2001, il a prêté sa voix au célèbre Donkey (âne) des quatre Shrek. Figurez-vous ! Cette série a produit plus de deux (2) milliards de dollars en recettes! L’acteur n’a cependant pas eu que du succès. Certains de ses films ont été des échecs et ont terni son image. C’est le cas de « Pluto Nash » (2000) qui est considéré comme l'un des films ayant généré le plus de pertes dans l'histoire du cinéma.
Notre comédien ne manque pas d’imagination. Tenez ! Dans « Un prince à New York », « The Nutty Professor » et « Le Professeur Foldingue » (1996), Eddie Murphy interprète plusieurs rôles différents grâce à des effets spéciaux et du maquillage. Cette multiplication de sa personne est devenue une signature qui a contribué à son succès tout au long de sa carrière. Eddie Murphy détient un rire particulier que ses admirateurs adorent. Il est vraiment unique et même parfois cynique. Dans sa biographie, ses supporters, qu’ils soient réalisateurs ou anciens co-acteurs, n’ont pa tari d’éloges à son endroit. C’est un génie qui aurait pu emporter quelques Oscars. Hélas ! À l’époque, les acteurs américains de race noire n’étaient pas admis à cet honneur. Interrogé à ce sujet, il a répondu, avec son arrogance habituelle, mi-figue, mi-raisin : « Trouvez-moi un rôle d’esclave et je vous gagnerai un Oscar ! »
Voilà qui corrobore ce que j’ai affirmé dans mon article sur « Apocalypse 2012 » à l’effet que la discrimination basée sur la race n’a pas encore tout à fait disparu des mœurs occidentales. En dehors de Sydney Poitier (Devine qui vient dîner), aucun acteur américain de race noire n’avait gagné un Oscar. Couleur pourpre de Steven Spielberg, pourtant nominé 11 fois, où figuraient Danny Glover et Whoopi Goldberg n’en a récolté aucun.
Heureusement pour les Afro-Américains, Julia Roberts s’est levée un jour pour clamer haut qu’un acteur comme Denzel Washington aurait déjà dû gagner un Oscar. Venant d’une des actrices les plus respectées d’Hollywood, cette phrase a fait réfléchir. Du coup, Denzel Washington (Training Day), Halle Berry, Jamie Foxx (Ray), Morgan Freeman (Million Dollar Baby), Forrest Whitaker (Le Dernier Roi d’Écosse) ont pu accéder au podium et brandir le fameux trophée tant convoité.
Une des personnes interviewées dans l’émission Biographie n’a pas hésité de dire : « C’est le premier acteur afro-américain que j’ai vu jouer comme un vrai personnage» Un autre d’affirmer: « Je ne crois pas que, sans lui, Denzel Washington et les autres auraient connu le succès qu’ils ont aujourd’hui. En effet, Eddie Murphy se s’en est jamais laissé imposer. C’est lui l’auteur de « Un prince à New York » et c’est encore lui qui a insisté pour jouer plusieurs personnages dans le même film.
Certains l’on traité de dingue et ont cru qu’il allait se planter. Il les a surpris !
D’aucuns le trouvent arrogant. D’ailleurs, son rire devient quelque fois sarcastique, voire même moqueur. Il me donne à certains moments l’impression de se payer la tronche des anciens oppresseurs pour leur dire : « Fichez-moi donc la paix ! On n’est plus au temps de l’esclavage. Je fais ce qui me plaît » Ce discours-là, nul comédien avant lui n’a osé le tenir. Souvenez-vous de Muhammad Ali. Il se disait le plus beau. Les Afro-Américains ont souvent brandi le slogan « Black is beautyfull » C’est un cri de ralliement qui invite les Afro-Américains, désormais libérés du joug esclavagiste, à faire preuve de dignité et de fierté.
Dans mon article intitulé « Les larmes de Franco Luambo », j’ai mentionné la frustration longtemps contenue de ce grand artiste. Sa rage l’a poussé à faire semblant de glorifier l’oppresseur et à tirer à boulets de canon sur tous les produits de ce régime avarié. Certains l’ont traité d’arrogant.
Je crois que les personnes, surtout les génies – c’est le cas de Patrice Lumumba-, qui veulent dénoncer les injustices s’exposent à cette épithète. D’aucuns ont souvent tendance à les condamner. En tout cas, Muhammad Ali, Eddy Murphy et Franco Luambo Makiadi ont ceci en commun qu’ils n’avaient pas froid aux yeux. Le pasteur Martin Luther King Jr. n’a t-il pas déclaré un jour: «Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui» ?
En tout cas, la soi-disant arrogance de ceux qui ont dénoncé la discrimination et l’injustice a fait avancer bien des causes et les a rendus immortels. Ne leur en voulons donc pas ! À chacun sa façon de mener sa lutte !