L'héritage de Papa Simon Kimbangu

Publié le par Vieuxvan

L’héritage de Papa Simon Kimbangu

Dans deux de mes articles préliminaires, je vous ai fait découvrir ce que des fidèles kimbanguistes pensent de leur prophète et de leur Église. En lisant tous ces témoignages et marques d’attachement, je reste néanmoins sur ma soif. Je vais y aller par quelques questions que se pose le commun des mortels.

Qui les Kimbanguistes vénèrent-il ? Jésus-Christ ou Simon Kimbangu ? Si l’on se réfère à certains faits, on a tendance à répondre que c’est plutôt  Simon Kimbangu. Il paraît que la lecture de la Bible n’a été introduite dans les mœurs des adeptes que dernièrement ? Et puis, cette chanson dédiée au prophète où Jésus n’est cité nulle part.

- Tata Simoni wanungini, yala keyala mu nza ye mvimba.

De son vivant, jamais Simon Kimbangu ne s’est déclaré être la Parole (i.e. Christ)

Or, selon Kalemba Manzo Constantino

  « 4. Question : Depuis quand existe-t-il ? Réponse : Il existe depuis l’éternité (Jean 1, 1-2)

  Au  commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, la parole était Dieu.

  Elle était au commencement avec Dieu »

Troisième question

Simon Kimbangu s’est-il jamais non plus proclamé être le St-Esprit ? Selon le même auteur:

  

  «  Notre Seigneur Jésus-Christ, lui-même, nous a promis de demander à son Père pour

   qu’il nous envoie un autre Consolateur qui fera plus que Lui (Jean 14, 12-18) »

Quatrième question

Quelle place Maman Marie Muilu Kiawanga occupe-t-elle au sein de l’Église ? Dans un des articles faisant partie de Documents & analyses, elle est qualifiée de « l’âme du Kimbanguisme » Est-elle l’équivalent de la Vierge Marie, vénérée par les catholiques ?

           

Cinquième question

Dans un autre article du même document, il est question entre autres de la « transfiguration » de Maman Mwilu. N’est-on pas en train de plagier la Bible ?

(Matth. 17 : 2-9)

    « Avec autorité, Simon Kimbangu interdit à son ami d'en parler à quiconque avant

    le moment venu »

Le Kimbanguisme est-il une entreprise familiale ? Autrement dit, Simon Kimbangu a-t-il désigné Papa Joseph Diangienda comme son successeur et ses deux autres fils  Charles Kisolokete et Dialungane comme ses autres cohéritiers ?

Septième question

Les Bakongo, tout le monde le sait, sont de coutume matrilinéaire. Ce sont les neveux qui héritent d’un homme et non ses fils qui, eux, appartiennent à la famille de leur mère? Pourquoi Simon Kimbangu n’a-t-il pas cédé son entreprise à l’un de ses neveux ? Ceux qui prétendent que Diangienda et ses deux frères sont plutôt les neveux du prophète et non ses fils ont-ils raison ou tort?

Diangienda était-il un prophète ou un magicien ?

En 1966, alors que j’étais secrétaire communal à Ndjili, nous avons été informés d’un phénomène surnaturel. Des pierres tombaient sur une maison au quartier 5, tout près du wenze en direction du quartier 6. Le Bourgmestre George Luemba et moi nous sommes rendus sur les lieux. Effectivement, des cailloux tombaient en rafales sur le domicile signalé. Ils venaient de l’espace aérien et de nulle part,  et ils n’atteignaient personne. Du jamais vu ! Dépassé, le bourgmestre fit appel à Papa Diangienda qui, le lendemain, s’amena sur les lieux.

Il mit des habits de cérémonie et sortit ses accessoires. Il avait l’air d’un évêque. Il se mit à conjurer les mauvais esprits qui terrorisaient la maison. À aucun moment, je ne l’entendit invoquer le nom de Jésus. Pourtant le phénomène s’arrêta définitivement. Papa Diangienda nous révéla que c’est le voisin du propriétaire qui l’avait provoqué.

Il reprochait à ce dernier de lui avoir volé une partie de son terrain où il avait aménagé un parking pour sa voiture.

Cet incident et d’autres rumeurs qui ont été propagés  ont fait dire que, contrairement à son père, Papa Diangienda utilisait la magie et non le nom de Jésus pour guérir et opérer des « miracles » D’aucuns sont allés jusqu’à affirmer que les camions qui se renversaient sur la route de Nkamba, faisant des morts, relevaient des sacrifices humais exigés par des rituels magiques.

Neuvième question

Diangienda était-il de connivence avec Mobutu ? Dans un document intitulé « Montée du kimbanguisme », il est entre autres écrit ceci :

   

   « Mobutu reçoit Diangienda et se moque de lui. «comment va julie… tu as eu une fille avec…

   Nancy…comment, tu la connais… et comment… henri, son premier, est mon fils… »

Dixième question.

Lors de son rapatriement et à sa descente d’avion à l’aéroport international de Ndjili,  sur son parcours, la dépouille mortelle de Papa Diangienda a été lapidée à la hauteur de Masina. Cet acte constituait-il une vengeance pour sa collusion avec Mobutu ?

Les rumeurs de scission au sein de cette Église sont-elles fondées ? Qui la dirige actuellement ? Un kimbanguiste pose cette question :

  

«  Enfin, face à l'ampleur de la crise qui pollue la vie de l'Eglise kimbanguiste de fond

    en comble – c'est cela notre défi majeur, je vais risquer de poser cette question :

    Est-ce que l'élite intellectuelle kimbanguiste (EIK) est-elle en mesure d'assumer

    ses responsabilités ? Est-elle consciente de son rôle au sein de l'église, afin

    de pouvoir sauver notre héritage commun. »

Je ne serai pas long dans mes commentaires. Je préfère résumer le fond de ma pensée en trois points précis. D’abord, que certains kimbanguistes prennent Simon Kimbangu pour « La Parole de Dieu » ou le St-Esprit, c’est plus qu’une aberration. C’est un blasphème.  Ensuite, reproduire du déjà vu comme la Vierge miraculée des catholiques ou la transfiguration dans la Bible, c’est du plagiat inutile. Enfin, quel est présentement l’état de cette Église ?

Toutes ces fausses affirmations et ces confusions ne donnent pas crédit à une Église dont on sait qu’elle a en son sein des intellectuels capables de reprendre ceux qui s’égarent dans leurs propos en faisant entre autres des mises au pont. Qui se lèvera pour le faire ? Qui aura le courage de réunir les factions actuelles du kimbanguisme pour en faire une Église véritablement unie autour d’un seul chef ?

Simon Kimbangu n’est pas le seul dont l’héritage est souillé. Les scandales ont discrédité l’Église des apôtres de Jésus. Le catholicisme s’est avili avec des scandales financiers et sexuels ainsi que des pratiques de magie. Les Églises dites de réveil ont été prises dans les mêmes pièges. Tant qu’il y aura des hommes !

Voici une anecdote toute fraîche. L’autre jour, lorsque le pape Benoît VI s’est fait agresser par une femme inconnue, mon épouse se demandait qu’est-ce qui l’avait motivée. Je lui ai répondu à la blague : « Pape modobi » ! C’est un de ses « bureaux » à qui il a omis d’envoyer le chèque mensuel de pension alimentaire qui est venu lui rappeler ses devoirs paternels. Ma femme m’a dit : « Ne blasphème pas ! » Je lui ai répondu : « Pantoute ! (Pas du tout en Québécois) Malula et Diangienda aussi ont eu des « bureaux » et des rejetons ? Pourquoi pas lui ?

 

Ainsi va la vie ! Les parjures, ce ne sont pas les hommes comme moi qui ne font que se poser des questions. Les blasphémateurs, ce sont ces évêques, curés, pasteurs, prédicateurs et autres hypocrites éhontés qui souillent la mémoire de Christ par leurs conduites indignes et scabreuses (Matth. 18 : 6-9) Si l’on devait appliquer ces paragraphes à la lettre je ne donnerais pas cher de la santé des chrétiens abuseurs et pédophiles !

Bref, toutes les Églises chrétiennes du monde ne sont pas blanches comme neige. Le Kimbanguiste ne fait pas exception à la règle. Peu importe, il faut sauver l’héritage de Papa Simon Kimbangu, notre grand prophète. Qui le fera ?

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article