Les musiciens: nouveaux pachas de la R.D.C.
Si vous avez lu mon article d’hier, intitulé « Dieu seul est à condamner », vous savez ce qui est arrivé au célèbre golfeur Tiger Wood. Aujourd’hui, les journaux en remettent et nous en apprenons davantage sur l’homme, ses prouesses, ses sponsors et sa vie privée. J’ai toujours soutenu que, lorsqu’on est un artiste connu, il faut bien se tenir et éviter les esclandres qui peuvent vous éclabousser. Je n’ai pas envie de m’éterniser sur le sujet. Je m’en vais tout simplement vous référer au lien qui vous en dira plus.TIGER WOODS : Pourquoi faut-il prendre l'affaire des ...
Personnellement, je n’ai pas choisi de devenir un artiste. Le destin en a décidé ainsi. Depuis, j’ai choisi un métier qui consiste à éduquer et à divertir. Je me vois très mal dans la peau d’un politicien. Cela ne m’empêche pas de faire partie d’un parti politique et d’y contribuer en tant que membre. Je n’irais toutefois pas faire la propagande d’un leader politique. Je ne suis pas le seul. Je n’ai jamais vu ni entendu Céline Dion ou Michael Jackson composer une chanson de propagande pour un homme politique, fût-il un Président de la république ou un Premier ministre.
En lisant l’article ci-dessous, je me demande ce qui se passe dans notre pays.
Je crois qu’il faut replacer les choses. Durant les dernières élections au pays, beaucoup de nos musiciens se sont affichés publiquement pour telle formation politique ou telle autre. C’est leur droit. Toutefois, le danger que j’appréhende, c’est qu’ils se fassent manipuler et graisser la patte pour aller jouer les hérauts auprès d’une population inculte, affamée et famélique. Ici en Amérique du Nord, les citoyens savent émettre des jugements sur les programmes politiques présentés par des candidats politiques au cours d’interviews et de débats à la radio et à la télévision. Aux dernières élections présidentielles, des artistes comme Quincy Jones, Oprah Winfrey, Samuel L. Jackson, et autres ont appuyé le programme électoral de Barack Obama ! Ils ont contribué financièrement à la campagne du candidat de leur choix. Chez-nous, c’est l’inverse. Des artistes ont recours au « coupage » et vont distribuer des miettes au pauvre petit peuple qui les acclame eux et non les politiciens dont ils sont les émissaires. Dès lors, ces fans sont comme des moutons de panurge qui offrent leurs voix non pas aux politiciens mais à leurs idoles que sont les musiciens. Or, ce ne sont pas ceux-ci qui vont siéger dans les parlements tant au niveau fédéral qu’à celui des provinces ou encore des villes et collectivités.
Les institutions en place sont là depuis trois ans. Elles fonctionnent assez bien, merci. Mais qu’en est-il des musiciens ? Ont-ils eux-mêmes évolué ? Il m’arrive sincèrement d’en douter. J’en ai parlé dans mon article intitulé « Eradiquer la violence » Le cirque continue apparemment.
J’apprécie les actes concrets que pose Werrason en faveur de la jeunesse désœuvrée mais ce n’est pas une raison pour que, juste à cause de lui, à cause de sa popularité, un ou des partis politiques en profitent. Et, surtout, je vois très mal nos artistes musiciens qui s’injurient publiquement, servir de modèles à leurs fanatiques, à moins que ceux-ci soient aveugles, ce qui est malheureusement parfois le cas.
Que ceux qui se croient riches comme Crésus financent des campagnes électorales par conviction politique, je ne suis pas contre. Que ceux qui veulent jouer les « mapeka » se fassent plutôt acheter, je m’y oppose. Que les mieux nantis posent des gestes concrets comme le font Mutombo Dikembe et Ngiama Werrason, voilà qui les honorerait davantage ! Mais, de grâce, que d’aucuns n’agissent pas comme le « libata » de Langa-Langa Stars! Qu’ils n’abusent pas de leur auréole pour prendre le peuple en otage !
Toute exagération devient de l’aberration.