RD Congo - école primaire gratuite
La nouvelle selon laquelle l’école primaire en RDC serait désormais gratuite m’a fait énormément plaisir.
J’ai fait mes études primaires à l’école Ste-Thérèse de Thysville à l’époque coloniale. En ce temps-là, tout étai gratuit, même les livres scolaires. Mes enfants ont fréquenté, eux, soit le Collège Boboto pour les garçons soit le Lycée du Sacré-Cœur pour ma fille. Il y avait des bus scolaires jusqu’à une certaine époque.
Puis, les choses se sont gâtées. Un des derniers a dû quitte le collège parce qu’il n’existait plus de transport scolaire. Il s’est fait inscrire à l’école primaire de Limete de la 13ème rue. Je me souviens bien de son emplacement. Elle était située derrière le commissariat de police, à côté du petit marché, en face de la résidence de Franco Luambo Makiadi et de l’École maternelle Masamba que tous mes quatre premiers enfants ont fréquentée. D’ailleurs, Monsieur Masamba fut pour moi un ami. Il a, par la suite, fondé sa propre école primaire, mais j’avais déjà quitté la RDC. Il y avait aussi, plus loin, l’école primaire Mgr Malula, non loin de l’église St-Dominique de Limete.
Je vous parle de l’école primaire officielle de la 13 ème rue à Limete parce que deux événements s’y sont produits. L’un concerne ma belle-sœur Christine Nduka. Pendant un cours, l’enseignant, furieux contre un élève, lui lança un frottoir. Or, celui-ci manqua sa cible et atterrit sur l’œil de ma belle-sœur. La pauvre en a perdu son œil et la blessure la fait encore souffrir de nos jours. Lorsque le moniteur apprit que sa victime était ma belle-sœur ( je l’ai élevée depuis qu’elle avait quatre ; ma femme est venue avec elle pour nous servir de baby-sitter) il quitta son école et se réfugia dans le Bandundu.
Le second incident impliqua mon quatrième fils. Les autobus scolaires n’existant plus et le Collège Boboto étant situé trop loin, sa mère (mon épouse Maman Jeanne Lutondo) alla le faire inscrire à cette école là. Celle-ci était déjà mal famée mais la pauvre n’eut pas le choix. C’était une inscription tardive. Toutes les places étaient déjà prises ailleurs sauf là. Il en restait juste une. Et pour cause ! Une fille, appelée Mujinga, ne s’était pas présentée à la rentrée. Le directeur décida bonnement d’inscrire mon fils Jubilé sous le nom de Mujinga. Arrivé en classe, mon fils fut carrément déboussolé. Lorsque l’enseignant fit l’appel des noms, il appela Mujinga. Mon fils, qui n’était pas encore familier avec son nouveau nom, n’eut aucune réaction. Les autres élèves ouvrirent leurs yeux et oreilles, sachant que Mujinga n’avait pas été vue depuis la rentrée. Le moniteur regarda en direction de mon fils et le réprimanda : « C’est toi que j’appelle, non ?» Mon fils comprit et sursauta : « Oh ! Je m’excuse, c’est moi ! » Quelques collègues pouffèrent de rire. Ils le connaissaient puisqu’on vivait dans le même quartier ! Heureusement, au bout de deux semaines, on lui restitua son vrai nom et l’incident fut clos. Ainsi, Jubilé Mansevani se vit coller le surnom de Mujinga. Ce surnom lui resta dans le quartier. On en riait et ça l’amuse encore aujourd’hui!
Revenons-en à nos moutons ! Je renouvelle mon appui à la mesure du chef de l’État. Cependant, je n’ai pas très bien compris la différence entre frais de scolarité, minerval et frais de fonctionnement. Voici un article qui abonde dans le même sens.
Malgré cette mise au point, je n’ai toujours pas bien compris la différence. Et puis ? Que fait-on des élèves des 4ème et 5ème années ? Quel sera le sort des parents qui n’ont pas d’argent pour payer les études de leurs enfants une fois qu’ils seront arrivés à ces deux niveaux-là ?
Je lis pratiquement tout ce qui apparaît sur Internet concernant le couple présidentiel actuel. Je suis trop Congolais pour savoir que la RDC est le pays des rumeurs et que personne ne fera jamais l’unanimité. Il y aura toujours des aigris, des frustrés et des jaloux. Nous passons tous par-là ! Peu importe les avis négatifs, je loue les initiatives de Marie Olive Lembe Kabila qui se démarque des précédentes premières dames que le pays a connues.
Diocèse de Boma, RDC Actualités locales: March 2009
Encore une fois, que personne ne revienne nous rabattre les oreilles en disant qu’il s’agit là d’actions
à caractère électoraliste. Qu’est-ce qui a empêché les premières dames qui l’ont précédée de le faire ?
Mama Antoinette Mobutu n’a-t-elle pas fondé le Centre féminin qui porte son nom ? A-t-elle mal agi ?
Et quand cela serait, n’est-ce pas conforme à la démocratie ? C’est comme ça partout dans le monde.
Si vous saviez combien les politiciens du Canada promettent aux citoyens lors des campagnes
électorales !
C’est connu. Les partis au pouvoir ont toujours une longueur d’avance sur les autres, ceux de l’opposition
qui dénoncent, mais, quand eux-mêmes accèdent au pouvoir, ils font la même chose ! Or, dans le cas
qui nous concerne, les écoles de Boma et de Kasangulu sont des actions et non des promesses.
Alors, où est le mal ?
Puisque, dans cet article, je me fais l’avocat des parents pauvres, je suggère, pour les écoles situées dans les grandes agglomérations, que le gouvernement s’arrange pour instaurer une taxe scolaire aux propriétaires de parcelles afin de payer les études des élèves tant du primaire que du secondaire. Nous, ici à Montréal, les citoyens propriétaires d’immeubles paient des taxes scolaires obligatoires. Ce sont des centaines de millions. Ces sommes couvrent les salaires du personnel enseignant et administratif ainsi que ceux relatifs à l’entretien des écoles. Pour ce qui est du matériel scolaire, une contribution est demandée aux parents. Mais, n’oublions pas que la RDC n’est pas le Canada où tout citoyen est supposé avoir un revenu. Ce n’est malheureusement pas encore le cas chez-nous, en RDC. C’est pourquoi, les gouvernements provinciaux devraient trouver une façon de subventionner les écoles primaires et secondaires officielles à cet effet. Ce n’est pas la faute des parents si la pauvreté sévit au pays, privant de revenus des millions de citoyens qui doivent survivre grâce à l’article 15 !
J’irais encore plus loin. À la fin de leur école primaire, les élèves qui réussissent avec plus de 90% de points pourraient bénéficier d’une bourse et envoyés dans des établissements secondaires mieux structurés privés. Faisons en sorte de ne pas brimer les jeunes qui possèdent des capacités intellectuelles mais qui ne peuvent pas poursuivre leurs études faute d’argent. Nous serions en train de les pousser vers le désenchantement, le désœuvrement et la débauche. Tout est une question de volonté politique et de planification.
L’avenir d’un pays réside dans sa jeunesse. Ne l’oublions surtout pas !
Merci de votre bonne attention.
À demain !
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