RD Congo: le coupe-gorge
La série noire au Kivu continue. Voici un autre massacre perpétré par des éléments extérieurs qui viennent impunément semer la terreur chez-nous.
Dans son éditorial de ce mercredi 17 novembre 2010 « Le Potentiel » qualifie de cacophonique la situation qui règne à Kinshasa à la veille des élections législatives.
Par ailleurs, un rapport paru aujourd’hui, publié par Le Point, revient sur les problèmes liés à la livraison des armes à la RDC et à la Somalie, qualifiées toutes deux de trous noirs.
Le Congo et la Somalie, "trous noirs" armés à profusion
Dans plusieurs de mes articles, j’ai affirmé la nécessité de faire de la sécurité de notre pays la première des priorités eu égard à la guerre et aux incursions à l’est du pays qui n’ont pas cessé de faire des morts et des victimes. Vous trouverez un rappel de certains de mes articles dans les trois c-dessous :
RD Congo - une guerre en gestation? (04/11/2010 )
Si vis pacem, para bellumSi vis pacem, para bellum
La situation devient davantage plus préoccupante. D’une part, les autorités de la RDC et du Rwanda sont dépassées et sont incapables de trouver une solution.
Opérations conjointes RDC - Rwanda : un échec
D’autre part, nous ne pouvons que rester songeurs et retenir nos souffles devant ces déclarations contradictoires du numéro 1 de la Monusco qui tantôt avoue l’incapacité de son organisation d’assumer ses responsabilités et tantôt se montre optimiste quant à la situation sécuritaire du pays..
Roger Meece optimiste quant à la situation sécuritaire en RDC
Aveu d’incapacité de la Monusco de protéger toute la population civile en RDC, selon M. Roger Meece
À vrai dire, plusieurs observateurs sont inquiets sur la nature exacte des rapports entre la Monuc et le gouvernement congolais. Encore une fois, je me réfère à l’éditorialiste du journal « Le Potentiel » qui ne manque pas d’arguments.
C’est à se demander si les uns et les autres sont au courant de ce qui se passe à l’est du pays où l’hécatombe se poursuit. Il ne se passe pas une semaine sans que des échos du drame des populations du Kivu, molestées, violentées, massacrées, traumatisées…ne nous parviennent.
Nord-Kivu: 21 personnes meurent dans une embuscade des FDLR à Mungazi
Qui plus est, pendant que les uns et les autres nagent en plein imbroglio, les prédateurs, eux, se préparent sûrement, en attente d’une période plus propice, pour fondre à nouveau sur leur proie. L’avenir risque d’être assombri car les incursions peuvent se multiplier pendant les semaines et mois à venir ; les envahisseurs peuvent profiter du fait que l’attention de nos politiciens est radicalement tournée vers la campagne électorale où les protagonistes et antagonistes des différents camps sont plus occupés à fourbir leurs armes.
Etienne Tshisekedi : Maigre collecte à Bruxelles…
D’autres événements comme le procès Chebeya, dont le suspense ne fait qu’empirer à cause de son report , ainsi que d’autres événements majeurs comme le conflit frontalier avec l’Angola, peuvent également profiter à nos envahisseurs.
J’ai l’impression que nos politiciens ne mesurent pas l’ampleur de ce qui peut nous arriver aussi longtemps que le problème de la sécurité de notre pays ne sera pas résolu par la mise sur pied de cette armée redoutable et dissuasive que je ne suis désormais pas le seul à proposer.
En attendant, il faudrait peut-être demander l’aide de troupes belges et françaises pour patrouiller le long de nos frontières pendant que les éléments de notre armée seront en formation. Durant les deux guerres du Shaba, les commandos et para-commandos de ces pays amis ont fait preuve de savoir-faire et d’efficacité.
Les Occidentaux sont prêts à financer les élections à venir. Pourquoi nos autorités ne feraient-elles pas aussi appel aux mêmes troupes belges et françaises qui seraient déployées le long de nos frontières ?
L’Europe boude, paraît-il, la percée chinoise notamment en ce qui a trait aux contrats miniers. Voilà une occasion pour elle de se racheter après nous avoir abreuvés et assourdis de vains discours sans vraiment nous apporter le développement économique durable qui nous a fait défaut durant un demi-siècle d’indépendance et de coopération bilatérale !
Au demeurant, avec les appuis et atouts dont notre pays dispose actuellement, mettre une fois pour toutes un terme à cette mascarade à l’est de la RDC n’est finalement, il me semble, qu’une question de volonté politique.
À demain!