L'Afrique face au péril jaune

Publié le par Célestin S. Mansévani

L’Afrique face au péril jaune

Dans un de mes précédents articles, intitulé « Obama, Sarkozy ou Jintao : Le Bon, la Brute et le Truand », j’ai dressé un petit portrait des Chinois de Montréal.  Ces gens-là sont en train de s’approprier plusieurs quartiers de la ville. Quand je suis arrivé à Montréal en 1987, ils habitaient juste le quartier chinois derrière la rue commerciale St-Laurent qui constitue jusqu’ici leur Chinatown comme dans les autres grandes villes nord-américaines. J’ai souvent fréquenté leurs boutiques à la recherche de quelque aliment exotique. Dans leurs magasins, tous les vendeurs et employés sont Chinois. Quelques-uns de ces  commerces ont déjà reçu ordre de fermer à cause des conditions hygiéniques qui laissaient à désirer. Ailleurs, dans leurs quartiers de résidence, les Chinois vivent hermétiquement coupés du monde extérieur. Ils ont leurs restaurants, leurs friperies, leurs cinémas, leurs buanderies, leurs tabagies et autres formes de petits commerces. Quant aux logements, personne n’y a jamais mis les pieds. Ce n’est pas parce que les résidents  empêchent physiquement quiconque d’y accéder. Non. Il y a simplement comme un mur tacite et invisible ou je ne sais quel sentiment qui vous fait savoir que vous n’êtes pas le bienvenu.

Ma famille et moi avons habité longtemps dans l’arrondissement Verdun, le temps de laisser nos enfants s’en aller vire chacun dans son appartement. Aujourd’hui, nous  avons déménagé à Ville Lasalle où la qualité de vie est meilleure. Dans les années 60-70, Verdun était habité par des anglophones ; dans les années 80-90 les francophones ont rejoint le peloton. Ce n’était pas un quartier riche mais propre quand même. Depuis 2000, les Chinois ont envahi le quartier en commençant par racheter les dépanneurs (tabagies) Avec le temps, ils ont déferlé comme une marée humaine, prenant d’assaut des commerces et logements, faisant de plus en plus sentir leur présence dans les rues, les trois stations de métro (Lasalle, De l’Église et Verdun) ainsi que les arrêts d’autobus. Désormais, un passant sur trois est Chinois. Ici aussi, l’accès à leurs logements est tabou. Ils vivent entre eux, en vase clos. On n’est cependant loin de ressembler au Chinatown du centre-ville où pratiquement tout est chinois, même les banques, les écoles et les lieux de culte. Ce n’est pas encore le cas à Verdun mais sur la rue Verdun où mon épouse, maman Jeanne Lutondo, tient sa boutique « Aux Sources d’Afrique », les commerces voisins affichent carrément  chinois. On y trouve du tout, des restaurants aux imprimeries, en passant par magasins de variétés. Les clients de toutes origines ethniques fréquentent ces commerces mais, à l’inverse, jamais aucun Chinois ne va acheter dans un commerce autre que chinois. J’ai déjà observé ce que les tenanciers de boutiques chinoises regardent à la télévision : rien que des programmes chinois ou des DVD à eux. Ils sont très discrets en plus.

Tenez ! Pour ses livraisons, mon épouse a fait appel pendant cinq ans avec un dépanneur chinois situé en face de « Aux Sources d’Afrique » En cinq ans, elle a fait affaire avec trois propriétaires livreurs différents. Tous les dix-huit mois, l’ancien livreur venait nous présenter un nouveau venu : « C’est lui le nouveau propriétaire ! » Cela me faisait sursauter d’autant que beaucoup de nos compatriotes et même des Québécois propriétaires de boutiques sont là depuis des années ! Les troisièmes acquéreurs du dépanneur étaient deux jeunes dans la vingtaine et leur sœur aînée. Un jour, leur benjamin a voulu faire la grosse tête. Je lui ai dit : « À partir d’aujourd’hui, je ne veux plus voir ta face ni faire affaire avec votre clique! » Dans la soirée, son frère et sa sœur sont venus nous trouver pour demander pardon.

Je suis resté catégorique. C’est alors qu’ils m’ont révélé qu’ils avaient reçu un prêt gouvernemental du Québec qu’ils remboursaient et que ma décision risquait de leur faire très mal. Ma femme et moi leur avons donc pardonné. Et les langues se sont déliées. Ils étaient logés à l’étage de leur commerce et s’étaient arrangés pour se partager des chambres. Pour ce qui est du travail, ils se relayaient. Il y en avait toujours un qui se reposait pendant que les deux autres tenaient la boutique. Ils m’ont prévenu qu’ils retourneraient chez eux aussitôt qu’ils se seraient mis assez d’argent de côté. Quand, seize mois plus tard,  ils sont venus me présenter le nouvel acquéreur, ils arboraient un large sourire : « Nous allons pouvoir retourner en Chine. Désormais nous serons des patrons chez-nous, dans notre pays » Ils avaient tenu parole ! Je me demande comment ils ont fait pour racheter un dépanneur qu’ils avaient acheté à crédit et le revendre dix-huit mois plus tard. Mystère ! Ces gars, dans leur communauté, doivent être très bien organisés !

Cependant, force m’est de reconnaître qu’ils travaillent fort, économisent et font des sacrifices contrairement à nos compatriotes d’ici qui adorent la sape, les filles et la bonne vie. À ce rythme-là, ils ne peuvent pas tenir très longtemps. En plus, les Chinois sont très solidaires alors que, selon les dires d’un Congolais connaisseur et vétéran du milieu, un compatriote préférera aller acheter de la marchandise dans un commerce chinois plutôt que chez son propre frère. Allez-y comprendre quelque chose !

Bon. Revenons à nos chinoiseries ! Au vu du comportement des Chinois et de leurs habitudes de vie, je me pose la question de savoir ce qui va se passer bientôt dans les villes et campagnes africaines avec ce flot de Chinois qui envahissent les pays sous le couvert de la coopération sino-africaine. La Chine est un pays de plus d’un milliard d’habitants. Les naissances y sont réglementées et rationnées pour éviter que la population ne double ou ne triple. Le gouvernement de Pékin offre donc aux familles, qui le désirent, d’aller vivre dans d’autres pays, surtout en Afrique où les espaces vitaux ne manquent pas et où l’on peut survivre avec peu d’argent. RDC: Pourquoi l'aide de la Chine inquiète les Congolais ? - Réveil-FM

Je l’ai déjà souligné. La coopération entre la Chine et l’Afrique devrait se limiter aux grands investissements. Le petit commerce, celui au détail, doit demeurer la chasse gardée des Africains sans quoi, les Chinois vont constituer un véritable péril.

Les expatriés chinois au Congo sont de plus en plus mal vus .

Gare à ces gens-la !Ils se multiplieront bientôt comme des rats et raviront tous les petits commerces. Comme ils mangent pratiquement tout même les vers de terre, bientôt les forêts n’auront plus rien à offrir. Qui plus est, ils aiment vivre cloisonnés et n’aiment pas se mêler aux autres races ! Conclusion ? Permettre à nos  sans-emploi africains et congolais de survivre à leurs pratiques protectionnistes risque donc de s’avérer un vrai casse-tête chinois.

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