Prisonniers de la neige

Publié le par Vieuxvan

      Prisonniers de la neige

 

L’Europe occidentale subit présentement les affres de la neige qui a pratiquement englouti des villes et fait des victimes humaines. Quand la nature se met en colère, elle est capable du pire.
 
Les journalistes et chroniqueurs européens n’ont pas cessé de commenter cette situation qui, avouons-le, est anormale. L’hiver existe bel est bien en Europe occidentale mais jamais il n’avait provoqué des chutes de neige aussi impressionnantes. Dame nature est vraiment imprévisible !
 

Je me souviens de la première fois où j’ai foulé le sol parisien en janvier 1970. C’était en plein hiver et je n’avais jamais vu la neige auparavant.  Nous habitions Maison Laffitte mais nous devions marcher à pied pour rejoindre le centre de formation de l’O.R.T.F qui était situé dans un bois à deux kilomètres de la ville. Nous grelottions de froid et claquions des dents. Qui plus est, à 9 heures du matin, il faisait encore noir alors que nous étions habitués, chez-nous, au Congo, à voir le soleil se lever à

6 heures du matin. À Kinshasa, je n’avais pas besoin de consulter ma montre pour savoir qu’il faisait jour. À Paris, il le fallait. Nous avons tellement souvent été déjoués par ce facteur que j’ai personnellement acheté un réveil matin. Un jour, comme le soleil  brillait, je me suis dit qu’il faisait chaud ; je me suis donc habillé légèrement. Je l’ai regretté et j’ai appris la leçon: il faisait un froid de canard, de quoi ne pas mettre un chien dehors.

 

Des années plus tard, je suis revenu à Paris, en 1982. Je me suis rendu compte que les hivers n’étaient plus aussi froids. En tout cas, le chauffage, les manteaux, les bottes, les tuques, les gants et autres contraintes hivernales n’étaient pas aussi sophistiqués que celles que j’ai trouvées au Canada en débarquant dans la vieille Capitale, Québec. Il arrivait que la ville fût carrément enfouie sous la neige dans certains quartiers. Elle était tout de blanc couverte et je trouvais ça drôle sauf lorsqu’il faisait –30 degrés Celsius et qu’il ventait fort, amenant la température à -50. Ce n’était vraiment plus drôle « pantoute » (pas du tout, en québécois)  Un jour, j’attendais un autobus qui mettait du temps à passer, les yeux et le nez me coulaient et je claquais des dents. Pourtant j’étais bien habillé comme le sont les Esquimaux. 
 
Avec le temps, je me suis habitué aux aléas de l’hiver nord-américain.  Ici, il tombe plusieurs centimètres de neige. Les rues et trottoirs sont bloqués. Heureusement que les camions  et autres engins de déneigement de chaque ville  passent et déblaient tout cela. Mais les jours où il y a ce qu’on appelle des tempêtes de neige, c’est l’enfer. Il faut pelleter la cour avant de sa maison ainsi que le trottoir sans compter le dégagement de sa voiture du bord de la route, la chauffer, dégager la neige agglutinée sur la vitre arrière. Tout ça cause des désagréments et l’on sent la nervosité gagner tous les usagers de la route. Il va sans dire que, lorsqu’on a affaire à une vraie tempête, tous les services publics et les écoles sont paralysés.

 

Cela fait l’affaire des enfants qui courent dans la neige et jouent à se lancer des boules de neige.  Cette année, à la première tombée, nous avons eu droit à plus de 16 centimètres de neige. Première tempête de neige sur QuébecTOP

 

J’ai dû pelleter la cour avant et le trottoir devant notre propriété très tôt le matin pour que nous puissions sortir de chez-nous plus tard. J’ai salué de loin certains de nos voisins qui eux aussi faisaient la même chose que moi, grommelant et maudissant l’hiver, et nous avons commenté l’événement sans trop nous éterniser à nous parler, comme ces vieilles dames seules qui restent des heures durant au téléphone,  puisque chacun avait hâte de terminer son « mau-ta-dit » (maudit) pelletage.
Mais, il y en a qui adorent les sports divers, sportifs et amateurs. Les arénas, patinoires, les montagnes enneigées et les forêts de sapin sont pros d’assaut par les patineurs et skieurs. Il n’y a pas beaucoup de gens de race noire qui se hasardent dans ces endroits-là ! Les Africains et les Haïtiens sont frileux, disent les Québécois. Tant pis ! Nous, originaires d’Afrique centrale, nous étions habitués avec le soleil et la chaleur. Ici, nous nous enfermons et nous calfeutrons pour demeurer bien au chaud.
 
L’hiver canadien est vraiment capricieux. Il fait grimper nos factures de gaz ou d’électricité, selon le cas ; il nous oblige à acheter des pneus d’hiver pour nos autos ; il provoque des chutes par glissade qui occasionnent des fractures ; les urgences des hôpitaux s’en trouvent débordées.
 
Je me suis souvent posé la question de savoir ce qui adviendrait en Afrique si, l’un ou l’autre jour, les conditions climatiques se détérioraient au point que la neige tombe comme c’est le cas ici. Cela provoquerait des milliers de morts sans aucun doute. Il faut prier Dieu pour que cela n’arrive pas.
En attendant, mes pensées vont à ma sœur Léontine Ndongala alias Bomengo alias Maman Bonheur, à ses filles Ma Jolie et Hornela ainsi que leurs époux et enfants, à mon cousin Sébastien Dimosi et sa famille, aux sœurs et nièces de mon épouse qui se nomment  Emma Miguel et Laurentine Nduka alias Lola, Gives Dibenga, Djota, Patrice, Mampasi  ainsi que leurs familles qui vivent en Belgique, France et Allemagne, à Cécile Mombong (Londres) , René et Rose Luamba, Kele Kilaba, Mabaka, Kasongo Muema, Mbungu Tshibangu  et autres anciens de l’O.Z.R.T. (La Voix du Zaïre), à de vieux amis artistes tels Rochereau Tabu Ley, Dino Vangu, Saak Sakoul, Canta Nyboma, Dona Mobeti, Simon Makoyo alias Koko dia Nzombo, Jean Kapata (judoka) etc. sans oublier la « Ndjili Connection » dont Hortense et Richard Luemba,  Gaston Munzemba,  Pelé Munderto, Tonton Mapasa et autres. Tout ce beau monde, qui a choisi de vivre en Europe, se trouve, à son corps défendant, confronté à ce capricieux hiver  qui n’a pas fini de faire des siennes. Heureusement pour eux qu’il y a eu plus de peur que de mal. Pour paraphraser Vicky Longomba, je dirais : « Heureusement, nkisi ya mabe te ! » Je souhaite que ça continue car l’hiver vient à peine de commencer.

 

 
 
Mais surtout, je profite de ce climat sibérien où, dehors tout est blanc et immaculé,  pour souhaiter d’ores et déjà à tous ceux-là ainsi qu’aux autres que j’ai omis malencontreusement de citer, de passer un joyeux Noël et un excellent Temps des fêtes.
 

Que Dieu les bénisse abondamment et que l’année 2011 leur apporte à chacun et chacune santé et prospérité ! Il en est autant pour vous, toutes et tous, qui êtes mes lecteurs.

 

À demain !

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