Banguninga.

Publié le par Vieuxvan

Banguninga…

Histoire ! À Nord ! Congo…belge!

C’est ainsi que les diseurs de contes, dont ma mère Thérèse Nsemba,  débutaient leurs contes.

Banguninga wafua ye kimbangi kiandi  (Banguninga a emporté ses secrets dans sa tombe)

Vo kafwe ko, kimbangi nga kakiatewa ko (S’il était encore vivant, il n’y aurait jamais eu de contes)

 (i.e. vous n’auriez pas besoin de nous, puisqu’il vous les conterait lui-même)

C’est par ce dicton qu’ils les clôturaient. Ils se disaient les fiers héritiers de ce grand conteur imaginaire que fut Banguninga.

En 1921, année  où le prophète Simon Kimbangu a été arrête et déporté au Katanga avec ses adeptes, mon père Léonard Ndongala Nsingani n’avait qu’un an. Il m’est donc difficile de remonter dans le temps pour vérifier par moi-même l’authenticité des faits et témoignages qui nous ont été rapportés à son sujet. Cependant, sur la base de ce que j’ai appris de lui, je lui avoue une très grande estime. Selon moi, c’est lui le grand champion de notre indépendance puisqu’il a résisté aux forces coloniales à une époque où c’était impensable. Certains me diront que son action se limitait uniquement à la foi. Je répondrai que Jésus-Christ aussi a été accusé de rébellion contre l’Empire romain. Je crois que toute résistance d’un groupe au pouvoir établi, peu importe le domaine, relève  d’une recherche d’indépendance.

J’estime tellement le grand prophète Kimbangu que j’ai déjà commencé à préparer, et cela depuis 1970, alors que f’effectuais mon premier stage de formation télévisuelle à Paris, ce qui sera un jour un grand film qui, je l’espère, pourra aller chercher quelques nominations aux Oscars. Il est actuellement en veilleuse. Rassurez-vous ! Je ne compte pas réaliser un documentaire. Mon film à moi sera de la fiction et il ne sera pas consacré entièrement à Simon Kimbangu comme cela a été le cas pour Patrice Lumumba. Moi, la politique, je n’en maîtrise pas les tenants et aboutissants. Mon film à moi se fera dans le genre où j’excelle : la fiction. Il y sera question d’un amour interdit au temps de Simon Kimbangu entre Georges, le fils d’un administrateur colonial belge, et Marie, une jeune fille kimbanguiste. Cette idylle-là résistera au temps, traversant tout le reste de la période coloniale, les années d’après indépendance et le Zaïre de Mobutu pour se terminer avec la chute de celui-ci lorsque les forces de Laurent-Désiré Kabila seront aux portes de Kinshasa, sonnant l’hallali et la débandade des mobutistes fuyant le pays à la « sauve-qui-peut » Georges Jr., un des personnages de mon film, un mulâtre, né clandestinement de l’amour interdit précité, nous contera alors, dans un long flash-back, tout ce qui lui a été rapporté par Georges, son père belge, en trois parties. La première à propos des miracles du prophète, de son arrestation et de sa déportation ; la seconde racontant la vie de George qui est demeuré au Congo-Zaïre dans l’attente de Marie, y a travaillé en qualité de correspondant de Belga-Vox, s’est mêlé à la vie de tous les jours, y est devenu un grand viveur aux côtés de nos grandes figures sportives et artistiques de l’époque; la troisième nous plonge dans les retrouvailles de Georges et Marie (désormais pasteur) après la libération et le retour des kimbanguistes, de la controverse que leur nouvelle idylle a semée auprès des dirigeants kimbanguistes, de leurs rendez-vous et liaisons en cachette qui ont conduit à la naissance de Georges Jr., le conteur, ex. agent secret de Mobutu. Plagiaires, n’essayez surtout pas de vous approprier mes idées. Mon projet est déjà protégé par la Protection des droits d’auteurs du Canada.

Tout ce long préambule servait à vous répéter que j’aime mon pays et que, à ce titre, je veux d’une part rendre hommage au prophète Kimbangu et d’autre part raviver la mémoire de certains de nos héros disparus, Blancs et Noirs. Tout cela débutera à Thysville et se transportera à Léo- la capitale alias  Kin-la Belle, laquelle servira de toile de fond avec son ambiance « fête na fête » avant qu’elle devienne la « Kin-la poubelle » décriée aujourd’hui.

Cela dit, je ne veux pas d’un film bâclé. J’aurai besoin de temps et d’argent. Je me donne deux ou trois ans, le temps d’avoir pignon sur rue à Hollywood en tant que réalisateur confirmé et de me trouver un producteur et des partenaires solides ainsi que des acteurs américains crédibles pour les rôles principaux.

En attendant, revenons à nos moutons.  Je vais, dans les jours à venir, parler de l’héritage spirituel du prophète Simon Kimbangu. Chacun sait qu’il s’y passe des choses pas très catholiques. Nous essayerons ensemble, à partir de divers articles et mythes exploités par la radio-trottoir, essayer d’en savoir davantage sur ce qui bout dans les entrailles de ce volcan qui risque à tout moment d’entrer en irruption - que dis-je - de ce  grand géant aux pieds d’argile.  Je vous laisse méditer sur l’article que voici.

 Méditation réflexive sur le Kimbanguisme - Congo Vision ...

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