Haïti: compassion.

Publié le par Vieuxvan

Haïti : compassion

Hier, dans mon article intitulé « Haïti : qui a bu boira », j’ai fait remarquer que les pays africains semblaient montrer une certaine indifférence vis-à-vis du drame qui accable Haïti depuis déjà une semaine. Aujourd’hui, je suis heureux de lire sur Digital Congo que notre pays, la République Démocratique du Congo, se porte lui aussi au secours de l’île sinistrée. C’est un geste qui nous honore.

La RDC compatit au malheur qui frappe Haïti et y envoie une aide de deux millions cinq cent mille dollars US

Les catastrophes naturelles sont imparables. Personne n’y peut rien même si, dans certains cas, elles sont prévisibles. Chaque coin du globe a ses gros bobos.

Dans les Caraïbes et sur la côte-est des États Unis, ce sont les ouragans et

tempêtes tropicales.

Deux tempêtes tropicales se dirigent vers les Caraïbes | Amérique ...

La Chine est un des pays où les inondations ont provoqué non seulement des dégâts matériels mais également ces centaines de milliers de  morts. Inondations en Chine- Croix-Rouge canadienne

En Californie, les autorités luttent depuis quelques années avec les feux de forêts.

Plusieurs résidents affectés impuissants devant la rage et l’avancée des flammes ont dû, malgré eux, abandonner leurs belles villas et résidences pour chercher refuge ailleurs. État d'urgence dans le sud de la Californie - LCN - Le monde

Au Japon, ce sont les irruptions volcaniques qui donnent du fil à retordre aux autorités. Mais, au cours de l’Histoire, d’autres volcans ont fait des ravages ailleurs. Il y a même des civilisations entières qui ont disparu, avalées par la lave. D’ailleurs la fameuse légende de l’Atlantide est partie de là. .Les plus grands séismes et éruptions volcaniques « My Blog-life

Notre pays a aussi eu son lot de cataclysmes. Les inondations à Kinshasa et les éruptions volcaniques dans la province du Kivu ont affecté notre peuple. Nous sommes cependant loin de dénombrer autant de morts qu’ailleurs dans le monde. Il faut en remercier le Bon Dieu.

Dans mon patelin, je veux parler de Songa-Lumueno, le village natal de mon père, il ne s’est jamais déclenché aucun phénomène naturel dévastant. Il y a eu des pluies diluviennes mais elles n’ont jamais provoqué des dégâts. Bien au contraire, elles laissaient les maisons et cases intactes. Par contre, elles provoquaient la crue des rivières Lwanza et Lukaya, ce qui était bénéfique pour les villageois qui allaient attraper des poissons. J’ai souvent accompagné ma mère et mes sœurs aux pêches miraculeuses dans mon village bien qu’elles fussent plutôt rares et ne fissent pas des dommages. Nous ramenions plein de carpes, poissons chats, crabes et anguilles qui finissaient dans la casserole. C’est arrivé une fois à ma connaissance car, comme je l’ai écrit dans « Saison sèche au village », j’y allais passer deux ou trois semaines de mes grandes vacances, lesquelles avaient lieu entre juin et juillet, en pleine saison sèche.

Je ne dirai pas la même chose de Kinshasa où j’ai été témoin de nombreuses inondations suite au débordement des rivières Ndjili,  Kalamu et Makelele entre autres.

 Nous devons donc tirer des leçons du séisme d’Haïti particulièrement en ce qui concerne notre gestion de l’environnement et le respect des règles urbanistiques. Les Kinois ont trop tendance à construire vaille que vaille. L’aspect actuel de nombre de nos communes n’est pas reluisant. La Ville de Kinshasa court un sérieux danger si des mesures urgentes ne sont pas prises pour d’une part déloger et évacuer ceux qui habitent des zones à risque, et d’autre part interdire et démolir les constructions anarchiques.

Moi, ce ne sont pas les dégâts matériels qui m’affectent. Je n’aime pas voir mourir des gens, des innocents. Généralement, ce sont les pauvres les plus touchés. Je trouve que c’est injuste. Je me pose souvent la question de savoir où vont les âmes de toutes ces personnes happées soudainement par la mort ? L’au-delà n’a cessé de m’intriguer. Si certaines personnes ont le pouvoir d’invoquer les esprits de nos ancêtres, c’est qu’il existe un séjour où les morts habitent et se reconnaissent, un univers d’où ils nous observent et peuvent communiquer avec nous ? 1 Samuel 28. J’ai beau me creuser la cervelle ; je n’arrive pas à trouver la réponse.

Ceci m’amène à me demander si les 200 mille morts d’Haïti seront accueillis par leurs ancêtres et si, à leur tour, ils pourront communiquer avec leurs familles éprouvées restées en vie.

L’autre question que je me pose est celle de savoir quelles sont les limites du pouvoir de nos ancêtres si jamais ils sont capables d’influencer notre destin ? J’ai souvent ouï dire : « Milimu ya bankoko » Pourquoi ces âmes ne nous sauvent-elles pas des cataclysmes ? Je connais de réputation ceux de chez-nous au pays qui étaient capables de faire pleuvoir et d’arrêter la pluie. Pourquoi ne le font-ils pas avec ces catastrophes naturelles devant lesquelles tout le monde semble impuissant ?

Je crois en définitive que les pouvoirs des humains, qu’ils soient vivants ou morts, ont des limites. Autant nous sommes impuissants devant le vieillissement et la mort, autant  le contrôle des phénomènes naturels nous échappe complètement.

Rendons donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu !

 
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