Kin, jaloux, jaloux!

Publié le par Vieuxvan

Kin, jaloux, jaloux !

Je viens de lire l’article de notre ami Emmanuel Kandolo sur Mboka mosika. Je n’en reviens pas comment les Kinois salissent la réputation des autres jusqu’à les calomnier juste par jalousie. Je vous laisse cogiter sur l’article en question avant de vous donner mon avis.

Kandolo répond ya Ngele sur Denis Ilosono et Massamba N.M.

Au moment où se déroulaient les faits relatés, je me trouvais à Ndjili où j’assumais les fonctions de secrétaire communal. Je suis allé rarement chez Engels aux concerts du Festival des Maquisards ainsi que chez Au Grillon non loin de 123 à ceux de Vox Africa parce que je venais juste de me marier. Ce n’est qu’aujourd’hui, à la lumière des révélations de notre ami Kandolo que la lumière se fait dans ma tête concernant certains événements, titres et paroles de chansons et même appellations d’orchestres. Ainsi, les termes révolution et grands maquisards réfèrent au fait que des musiciens ont déserté les grands orchestres et se sont les uns qualifiés de révolutionnaires et les autres proclamés des artistes ayant pris le maquis. À cette époque-là donc, j’ai connu Denis Ilosono de réputation et de visage sans le fréquenter. J’étais un simple mélomane nouveau marié: « Soki obali, tika ba coins ! »

À la même époque, j’ai entendu parler de Massamba alias Gonotaby Trading alias New Man. Son lustre a disparu un moment sans que je comprenne bien pourquoi. Je n’étais même pas au courant de son procès. J’avais seulement ouï dire qu’il s’était rendu compte de détournement de fonds de la Banque nationale par l’utilisation de fétiches et fausses signatures. Je n’y avais pas tellement pas prêté attention.

Dans la période qui a suivi, je suis allé en stage en France (1970-1971) À mon retour, j’ai débuté en qualité d’assistant à la réalisation à la R.T.N.C. Je n’ai plus entendu parler ni de Denis Ilosono ni de Massamba New Man. Ce dernier a réapparu plus tard vers les années 1975-1976, je crois. Je l’ai rencontré à trois reprises à sa propre demande, une fois grâce à la speakerine Mombong Nkerr, une autre fois grâce à mon ami Jean Mateta Kanda et la troisième fois grâce au comédien Mandalala. Dans les trois cas, je suis sorti de chez-lui avec des cadeaux: des vêtements et chaussures dans les deux premiers cas et une grosse radio-cassette. Celle de Mandalala a même fait des jaloux parmi ses collègues.

Effectivement, l’homme que j’ai découvert en lui était un talentueux homme d’affaires. Je savais qu’il avait de grosses relations et qu’il était très fort en marketing et publicité. J’ai été séduit par la fréquence à laquelle la chanson « Muana Djambala » avait pris les ondes d’assaut. Mon meilleur ami, Jean-Marie Gomba, qui était Muteke lui-même, ne jurait que par elle. J’ai connu mes meilleurs moments avec lui. Il aimait tellement la visibilité. Je l’ai mis en relation avec le catcheur Edingwe ainsi que le chanteur Yenga-Yenga qui sont tous deux devenus ses poulains. Je l’ai déjà dit : c’est lui qui était le manager officiel du catcheur; moi je n’étais que son représentant. Cependant, comme ses fonctions à la Bralima (secrétaire particulier de M. Libertrau, PDG) et ses affaires personnelles lui prenaient beaucoup de temps, c’est moi qui étais plus proche Edingwe ; je faisais sa promotion et assistais à ses galas de catch.

Ce dernier est déjà venu à mon domicile à Limete, traînant dans son sillage de jeunes admirateurs qui le suivaient sur son passage, scandant : « Edingwe moto na ngenge » À cette époque-là, je fus très gâté au plan de mes déplacements. Une voiture de la Bralima me facilitait la tâche, sans oublier la belle Jaguar de mon autre ami le lieutenant (à l’époque) Jean-Claude Tambwe, beau-frère du président Mobutu, qui oeuvrait au Mont-Ngaliema et résidait à Lemba. Et puis, en février 1982, je me suis envolé pour Paris. Je suis revenu en vacances en fin d’année, retrouvant mes amis, puis, je suis reparti en 1983. La suite, vous la connaissez. De passage au Canada, j’ai décidé de m’offrir des diplômes universitaires dont un certificat en technologie éducationnelle (1984-1985)  puis une maîtrise en technologie de l’enseignement télévisuel (1985 -1987)  Par la suite, je suis resté et j’ai entrepris des démarches pour parrainer ma famille qui m’a rejoint en 1990. Voilà !

Si j’ai évoqué ces événements, c’est suite à cet article d’Emmanuel Kandolo de qui j’apprends bien des secrets. J’ai dans mon répertoire des chansons qui corroborent ses révélations : Toyota, Mon mari est capable, Mocrano, Pique-nique na Nsele et autres pour Rochereau Tabu Ley ; Mokili mobonguani pour Sam Mangwana et Camarade ya Kinshasa pour Jean Kwamy Lasitura. J’ai beaucoup apprécié l’apport de Denis Ilosono en sa qualité de mécène. J’ignorais cependant  qu’il le fût aussi pour les orchestres Révolution, Vox Africa et Negro-Succès. Je me fous qu’il ait dépensé son argent. Au moins, il l’a fait pour une honorable cause. Et puis, tous les Africains ne se ressemblentils pas ? Aussitôt qu’ils découvrent le filon alias « Libulu ya mbongo », ne les voilà-t-il pas qui se mettent à gaspiller, à se coller des titres pompeux et étendre leurs « bureauX (Londende par Rochereau) Je désapprouve, par contre,  l’attitude de ceux qui se sont acharnés contre Massamba Newman et lui. La jalousie est un des fléaux de notre société. Des fois elle s’arrête à des dénonciations non justifiées ; des fois elle va plus loin jusque dans la case d’un sorcier ou féticheur pour jeter un mauvais sort si pas occire carrément un quidam. Je comprends mieux, à présent, la portée du dicton « Kinshasa babetaka tolo te » Dégueulasse ! Je vous ai donné mon avis à propos d’un débat récent:

Un de mes lecteurs m’a accusé à l’époque de faire preuve d’indécence. J’ai dû faire une mise au point que je lui ai fait parvenir à l’effet que je n’écris pas dans le but de faire ma propre publicité. Auteur scénariste professionnel, je fais partie des auteurs connus mondialement grâce à une grosse entreprise médiatique de Los Angeles dont je fais partie de l’écurie à cause de mes résultats de concours et qui assure ma promotion. Et les autres? Suis-je le seul artiste doué de la RDC ?

Le blog de Célestin S. Mansévani

est une activité sans but lucratif dans laquelle je m’efforce de partager avec vous mes propres expériences sur l’histoire culturelle et sportive de notre pays ainsi que sur les sujets d’actualité passibles de vous intéresser. J’y milite aussi pour défendre entre autres  la cause de tous ceux que j’estime être victimes d’injustice, peu importe leur domaine d’activités. Si je parle de moi-même de temps en temps, c’est soit à titre de témoin historique et culturel, soit à titre de simple référence.  Ceci dit et qu’à cela ne tienne, à la lumière de ce qui précède, vous pouvez  juger par vous-mêmes des raisons qui « bloquent » l’épanouissement de nos mécènes et artistes. L’hécatombe qui a suivi mon départ de Télé-Zaïre n’a pas fini de m’intriguer.

Si des intrigants colporteurs ont pu faire descendre de leur piédestal des têtes fortes comme Denis Ilosono, Massamba Newman et tant d’autres, quel poids aurions-nous fait si nous avions été à leur place, nous qui n’avions aucun frère dans les coulisses du pouvoir pour se porter à notre secours?

Avez-vous en mémoire la chanson « Mbanda monument » de Rochereau Tabu Ley ? « Baye bakufa bakenda libela bazongaka te »  Simaro Lutumba aussi l’a souligné : On ne vit qu’une seule fois, mes amis !

En tout cas, l’article de notre ami Emmanuel Kandolo est on ne peut plus édifiant. C’est la preuve que « Ennemi ya moto moindo moto moindo » À ce rythme-là, en matière de productions artistiques, la RDC continuera longtemps de tirer le diable par la queue !

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