Haïti: qui a bu boira!

Publié le par Vieuxvan

Haïti : qui a bu boira !

Pour ceux qui aiment le cinéma et la télévision,  c’est hier soir qu’a eu lieu la soirée des Golden Globes qui récompensent les meilleurs artistes et productions à la fois du cinéma et de la télévision. Cette année, c’est le film « Avatar » du Canadien James Cameron, réalisateur de Titanic en 1997, qui vole la vedette. Ce film a déjà engrangé  plus de 1 milliard de recettes en seulement quelques semaines. Nous y reviendrons En attendant, voici un résumé de la soirée.

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Pendant ce temps, non loin de là, l’ancien président Bill Clinton est arrivé à Port-au-Prince où il doit s’entretenir ave le président René Préval, alors qu’Haïti continue à rechercher ses disparus, à secourir ses blessés et à enterrer ses morts…L’armée américaine avance le chiffre de plus de 200 mille morts ; le gouvernement haïtien affirme que 75 mille ont déjà été enterrés. La Croix-Rouge canadienne a récolté des dons records d’un montant de 23.5 millions de dollars. J’ai vu un reportage de Richard Latendresse, l’envoyé du réseau TVA à Port-au-Prince, montrant des scènes disgracieuses pour des sinistrés. Des pilleurs arrachent des mains de leurs compères sans défense le peu d’aide qu’ils ont reçu. J’ai vu un policier tirer un coup de feu pour éloigner les voleurs. Et qui plus est des camions entiers d’aide humanitaire seraient, semble-t-il, détournés, certains groupes organisés ayant décidé de tirer profit de la situation ! La séquence est sous-titrée « Haïti dans le chaos » Les Haïtiens devraient se regarder dans les yeux ! Peu importe ! Voici un article publié par un compatriote sur dans le bulletin Le Potentiel pour ceux d’entre vous que cela peut intéresser.

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J’ai retenu deux choses dans cet article. La première, c’est lorsque l’auteur avance qu’on aurait dû prendre des dispositions pour mettre le peuple à l’abri, étant donné que ce cataclysme avait été prédit depuis 2007. Ma question est celle-ci : comment aurait-on dû procéder pour ce faire ? La deuxième réflexion de notre ami nous fait constater le manque d’implication des pays africains dans le malheur qui frappe Haïti. J’ai fait la même remarque comme on le verra plus loin. Dans mon dernier article, j’ai notamment répondu au message d’un de mes lecteurs haïtiens qui insinuait que l’occident lorgnait Haïti pour en faire une nouvelle colonie. Hier soir, le président Hugo Chavez du Venezuela  a tenu les mêmes propos. Je ne sais pas trop quoi dire.  Nous avons vu, en effet, avec quel empressement le président Obama s’est levé pour voler au secours de l’île en détresse. Le Canada, l’O.N.U., la France, la Chine et d’autres pays se sont mobilisés pour lui emboîter le pas. Il y a un adage qui dit : « C’est dans les moments difficiles qu’on reconnaît ses vrais amis » Si vous êtes un chrétien je vous réfère à Matthieu 25 : 31-40. « …car j’ai eu faim…car j’étais nu… car j’étais malade... car j’étais en prison… » Je suis peut-être mal renseigné mais je n’ai pas vu beaucoup de pays africains ni latino-américains participer à cette action communautaire. 

Seul le président Abdulaye Wade du Sénégal a offert  son hospitalité au peuple haïtien à sa façon. Il parle d’un retour en Afrique.

Le Sénégal offre une terre aux Haïtiens pour leur "retour" en Afrique‎ -

Étrange proposition qui ressemble à « L’Énigme du retour », le titre du dernier livre de l’écrivain Dany Laferrière, récipiendaire du Prix Médicis 2009, élu personnalité de l’année 2009 La Presse/Radio-Canada au Québec. Il se trouvait à Port-au-Prince lors du séisme et a failli y rester. 

Haïti : le témoignage bouleversant de l'écrivain Dany Laferrière‎ -

Arrêtons de tenir un langage ambigu en ce qui a trait aux origines communes des peuples haïtien et africain. Voici, avant le séisme, un reportage désintéressé d’un Sénégal en visite à Port-au-Prince.

Mais, quoi qu’on en dise et bien que je considère les Haïtiens comme mes propres frères, tradition africaine oblige,  je ne peux m’empêcher d’apprécier l’élan de solidarité universelle qu’a suscité cet événement. De prime abord, c’est la première fois que je vois trois présidents américains se mettre ensemble pour conjuguer leurs efforts. Je ne m’attendais surtout pas à voir Barack Obama et George W. Bush s’asseoir à la même table. Imaginez-vous si cela s’était passé en Afrique !

Ce que j’admire des régimes démocratiques qui se respectent, c’est cette capacité de faire la différence entre l’allégeance politique, les relations personnelles et l’engagement dans une cause commune. Un démocrate et un républicain ne sont adversaires qu’en politique. Ils ne sont pas des ennemis jurés comme on le voit sous d’autres cieux. 

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Nous avons connu ici au Québec les frères Johnson, Daniel et Pierre-Marc,  qui appartenaient l’un au Parti Libéral (fédéraliste), l’autre au Parti québécois (indépendantiste) En 2006, le Premier ministre du Québec, M. Jean Charest a  confié la présidence de la commission d’enquête publique sur l’effondrement du viaduc de la Concorde à Pierre-Marc alors qu’il est du parti d’opposition.

À considérer les discours et empoignades politiques que se livrent les deux partis au Québec, il y a de quoi apprécier ce geste. C’est curieux. Dans cette saga du séisme d’Haïti, le Premier ministre Jean Charest se montre très solidaire et engagé. Son gouvernement vient d’accorder une aide financière de 3 millions de dollars aux organismes haïtiens du Québec qui viennent en aide aux sinistrés de leur pays. Cependant, je n’ai pas vu Mme Pauline Marois, présidente du Parti québécois et chef de l’opposition officielle, faire une déclaration. Elle est peut-être malade ou en voyage ? Comment interpréter son mutisme ?

J’aimerais que ceux qui accusent les États Unis de vouloir coloniser Haïti nous disent quelle serait, selon eux, leur motivation.  Que comptent-ils aller y chercher ? Sûrement pas des ressources naturelles. Quoi d’autre ? Y installer une base militaire, un nouveau Guantanamo ou un observatoire pour épier ce qui se passe dans la région ? Ça ne tient pas debout, voyons !

Si j’étais un président américain, je n’investirais pas sur une terre qui, on le sait , est propice à des tremblements de terre récurrents se déchaînant tous les 120 ans.  Dites-moi ! Comment le président René Préval et son entourage se seraient-ils tiré d’affaire si les autres pays les avaient laissés en découdre seuls avec leurs morts, blessés et sans abris ? Je ne le dis pas par méchanceté mais par simple logique. Dans cet engagement à la rescousse d’Haïti, le monde entier se montre solidaire. Obama n’a commis aucun crime d’avoir tenu spontanément à jouer un rôle de leadership et de rassembleur. Bien au contraire ! Le président Chavez pourrait peut-être se joindre au cartel  de ses collègues présidents secouristes ?

Un vieux dicton dit : « La reconnaissance n’est pas de ce monde » Chez-nous, en lingala, le proverbe équivalent est « Likambo nguma aloba »  En kikongo, on dit « Vangama yakumina » Non. Obama n’a pas la tête d’emploi du corbeau de la fable ni du python de notre adage. S’il y a de faux jetons, ce sont les Haïtiens eux-mêmes dont les démons de l’égoïsme, du cynisme, du vol et du détournement, ont refait surface, une fois le pire passé! « Boma ngai, naboma yo, tobomana ! »

 « Qui  a bu boira ! » Qui dit mieux ?

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