L'eau de Port-au-Prince.
La catastrophe qui a frappé Haïti continue des faire des siennes. Hier, la télévision a donné le bilan des morts du côté canadien : 26 morts dont 5 Québécois parmi lesquels se trouvait M. Serge Marcil, un ancien député et ministre libéral. Les funérailles des disparus ont eu lieu dans l’intimité. Entre-temps, 62 enfants adopté ont été accueillis à Ottawa par leurs parents adoptifs qui ne pouvaient cacher leur joie. J’ai vu une femme blanche déclarer, en serrant un enfant dans ses bras : « C’est le plus beau jour de ma vie ! » L’enfant noir, lui, trop jeune, ne semblait même pas réaliser ce qui se passait ! Il va pouvoir se familiariser au fil des jours.
Aujourd’hui, je vais aborder un autre sujet par rapport à la situation en Haïti. Dans les années soixante, feu Franco Luambo Makiadi a composé une chanson dans laquelle il disait ceci :
Nakendeki epai ya Caroline
Mposa ya mai esalaki ngai
Nasengi mai ye apimeli ngai
Mawa na ngai nazangaki mai
Oh ! Yo Caroline, ata mai ya pamba
Opimeli ngai lokola bilei
Mai masanga te oh ! Mai Nzambe asala
Opimeli ngai lokola bilei.
Cette chanson-là était un calypso. Une danse qui a disparu comme tant d’autres depuis que le feu président Mobutu a instauré sa politique de recours à l’authenticité. Franco
(Les larmes de Franco Luambo (13/10/2009 ) nous présente une femme qui a soif et qui va frapper à la porte de Caroline, une amie. Celle-ci refuse de lui en donner. Et la femme assoiffée de se plaindre, en disant : L’eau ne s’achète pas… ce n’est pas de la nourriture…L’eau a été crée par Dieu…, etc.
S’il avait vécu jusqu’à ce jour, l’artiste se serait mordu la langue en voyant ce qui se passe dans certains pays désertiques où l’eau est une denrée très rare et en Californie, état américain actuellement affecté par la sécheresse.
Dans l’un des mes articles, intitulé L'eau empoisonnée. (11/01/2010 ), j’ai vanté les vertus
de l’eau et en particulier celles de l’eau potable. Je ne croyais pas si bien dire !
Dans le cas d’Haïti, justement, après les morts, la nourriture et les pillages, Port-au-Prince doit faire face à un autre problème crucial, celui de la pénurie d’eau:
La survie à tout prix à Port-au-Prince | France-Amérique
« Le prix de l'eau lyophilisée a plus que doublé, idem pour les oranges et la grande majorité des aliments. Le prix de l'essence s'est envolé, obligeant de nombreux habitants à marcher souvent pendant des kilomètres. Et les masques pour se protéger de l'odeur de mort qui flotte dans de nombreux quartiers, sont quasiment introuvables dans les rues de Port-au-Prince. »
Haiti: Arriver à Port-au-Prince « Caritas Internationalis
Le problème de la pénurie d’eau potable est très préoccupant partout à travers le monde.
La Californie y a trouvé une solution grâce au dessalement de l’eau de l’océan.
La situation en Haïti, pays qui n’a pas les mêmes moyens que la Californie, est très grave. Imaginez une population qui manque d’eau pour tous ses besoins vitaux. Elle n’en a pas pour boire ni pour se laver ni pour cuisiner ni pour évacuer les latrines. Heureusement que les militaires américains essaient d’y remédier en imitant l’exemple de la Californie.
mercredi 27 janvier 2010
Des unités de dessalement mobiles au secours d’Haïti
« Nous en avons parlé dès les jours qui on suivi la catastrophe en Haïti sur ce blog : après la recherche des disparus dans les décombres, la première urgence était l'approvisionnement en eau des rescapés, faute de quoi une autre catastrophe, sanitaire, était à craindre. Il y a une semaine, un premier hélicoptère chargé d'environ 700 litres d'eau dessalée a décollé à destination de Haïti.
Une manne providentielle près de six jours après le tremblement de terre qui a ravagé la région de Port-au-Prince et provoqué une terrible pénurie d'eau et de nourriture pour des centaines de milliers de personnes. L'immense navire est équipé de quatre unités de dessalement.
A bord, l'eau de mer est séparée de son sel par distillation. Grâce à l'énergie produite par ses réacteurs nucléaires, l'eau est chauffée jusqu'à évaporation et la vapeur d'eau condensée est récupérée en refroidissant. Selon le capitaine Bill McKinley, officier responsable du réacteur nucléaire du navire, "nos quatre unités de distillation peuvent produire chacune 100.000 gallons (378.000 litres) d'eau douce par jour. Nous en avons besoin pour le navire", parfois en mer pendant des semaines, entre autres pour l'alimenter en eau potable.
D'après le capitaine, "actuellement nous produisons un excédent quotidien de 100.000 à 150.000 gallons par rapport à nos besoins", qui pourraient être distribués aux sinistrés de Port-au-Prince souffrant de la soif, de la faim et menacés de catastrophe sanitaire. »
La production ne pose pas de problème, c'est le conditionnement de l'eau qui a retardé son acheminement. Sur le pont du Carl Vinson lundi finalement, l'équipage a commencé à remplir des centaines de bidons à l'aide d'une rangée de robinets installés spécialement.
Quelque 84.000 bidons de 5 gallons (d'une capacité totale de près de 1,6 million de litres) ont été commandés sur la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba, pour être envoyés par avion sur le navire de guerre. Le porte-avion américain ne sera pas seul à mobiliser ses capacités de production pour fournir Haïti en eau douce. Attendu lundi à Port-au-Prince, le navire-amphibie Bataan, fort d'un équipage de 2.200 Marines, transporte à son bord quatre unités de purification de l'eau.
Le précieux liquide arrivera-t-il à se frayer un chemin jusqu'à la côte haïtienne ?
"Les limites résident dans le nombre de conteneurs disponibles et dans notre capacité à les transporter" sur la terre ferme à l'aide d'hélicoptères, prévient le capitaine McKinley.
Source AFP
La pénurie d’eau ne date pas d’aujourd’hui. Depuis toujours Haïti a toujours été affecté par ce problème crucial si l’on en juge par la littérature des années qui ont précédé le fameux séisme.
Adductions d'eau Port au Prince
À vrai dire, la catastrophe qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010 nous a fait déterrer bien des aspects misérables de ce pays jusque là camouflés. Je viens de voir enfin le président René Préval accorder une entrevue à la télévision de LCN dans laquelle il reconnaît que le problème des constructions anarchiques à Port-au-Prince datait depuis des dizaines d’années. C’est le cas pour d’autres problèmes comme celui de la pénurie d’eau. Cela faisait donc longtemps qu’Haïti agonisait. Espérons que le bateau de dessalement des Américains aura suffisamment de capacité pour fournir suffisamment d’eau pour les besoins domestiques des deux millions d’habitants de cette ville sinistrée.
Ceux qui planifient la reconstruction de l’île auront assurément du pain sur la planche car, depuis des décennies, Haïti n’était plus Haïti, la perle des Antilles de jadis. Heureusement que l’aide internationale est accourue au secours, sans quoi, ce pays ne se serait jamais relevé de ses ruines. Tout cela n’est ni de la faute des colonisateurs espagnols et français. Avant même François Duvalier et ses tontons macoutes, ceux qui ont pris la succession des rênes du pays n’étaient peut-être tout simplement pas à la hauteur de la tâche ?
Dans l’histoire universelle, beaucoup de pays ont été touchés par des catastrophes naturelles : Indonésie et Thaïlande (tsunami), RDCongo (situation humanitaire dans l’est) , Chine (Inondations), Japon (éruptions volcaniques), Soudan (situation Darfour) etc..., cela n’a pas paralysé pour autant les autres secteurs d’activités du pays. Dans le cas d’Haïti, cela ne semble pas être le cas. Quand un pays doit tout recevoir des autres, peut-on encore lui reconnaître le statut de pays ?