Matraquage chaînes TVMatraquage chaines TV. SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE Qui part à la chasse perd sa place ! Je viens de lire des articles intéressants au sujet des diffus

Publié le par Vieuxvan

Matraquage chaines TV.

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

Qui part à la chasse perd sa place ! Je viens de lire des articles intéressants au sujet des diffuseurs étrangers qui lorgnent le paysage africain.  On ne l’aura jamais assez dit, l’Occident n’a plus tellement de nouveautés à offrir. Tous les décors ont pratiquement été explorés ; tous les sujets ont pratiquement abordés et épurés. Désormais, les yeux des télé-diffuseurs se tournent vers l’Afrique, grenier intarissable de cultures et mythes qui ne demandent qu’à être exploités.

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LA RDC, notre beau pays, ne pouvait pas être épargnée. Les artistes congolais, écrivains, peintres et autres ont la cote. Et que dire de notre musique qui polarise le continent depuis des décennies et fait danser le « Soukous », le Dombolo », voire  même le « Mai doda » et le « Quatre coins » aux quatre coins du monde ? Qui peut ignorer les richesses naturelles, l’activité économique, les vestiges ancestraux, les perspectives d’avenir, les mythes, contes et légendes jamais explorés jusqu’ici ? Qu’y a-t-il d’étonnant que des télé-diffuseurs français jettent leur dévolu sur notre pays ?

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D’un côté, je me dis que les Occidentaux vont encore une fois de plus avoir l’occasion de nous exploiter. Je vis au Canada, dans un des pays les plus développés au monde. À part les informations dont pratiquement les sports, beaucoup de postes de télévision nous offrent des films et télé-séries qui ont fait leur temps. Je revois « Mission impossible », « Columbo », « UFO », « Le Fugitif ». « Les envahisseurs », « L’homme de 6 millions », « La femme bionique », « Dallas », « Magnum P.I. », « Dynastie », « Alerte à Malibu », « La croisière s’amuse », « K. 2000 » et autres vieilles bébelles diffusées et rediffusées tant et tant de fois. Ces films là ont fait leur temps. Et pourtant, on continue à nous les balancer. Et pour cause ! Ils ne coûtent presque rien, tout comme les véhicules ou des avions destinés à la casse qu’on remet en circulation. La seule différence, c’est qu’on ne peut indéfiniment conserver la ferraille qui finit par céder sous les assauts de la rouille alors que, dans le cas des « softwares » que sont les films, grâce à l’apparition de la vidéo, ils peuvent se conserver et être rediffusés à satiété. Les télé-diffuseurs mettent de la publicité pendant la diffusion de ces vieux films et se font du blé sur le dos des consommateurs. Il y a des jours où je m’ennuie parce qu’il n’y a rien à se mettre sous la dent à la télé ! Imaginez-vous quel sera le sort des Africains, d’autant que la nouvelle génération n’a peut-être pas vu ces films diffusés chez-nous il y a une trentaine d’années ! J’en ai tellement diffusé du temps où j’étais affecté comme réalisateur d’antenne! Au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Mais, à qui la faute ?

Par contre, je suis partiellement d’accord avec l’émergence de ces nouveaux canaux de diffusion.

Les chaînes de télévision pullulent actuellement à Kinshasa, mais c’est comme si elles n’existaient pas.

La visibilité d’un diffuseur dépend de la qualité de ses programmes. Or, la prolifération des stations de télévision a fait que le public a souvent droit à du n’importe quoi. J’ai fait la même remarque à propos des groupuscules de cinéastes amateurs qui produisent des films amateurs inspirés des sketches. On les vend ici et là sur DVD. Nombreux sont les nostalgiques, surtout des compatriotes sans classe ni culture, qui les regardent. En réalité, leur qualité technique est souvent douteuse.

Je ne suis pas au courant des programmes diffusés par des télévisions congolaises. Cependant, grâce à Youtube, je peux m’en  faire une idée. Mon constat est que, qu’ils vivent au pays ou à l’étranger, les Congolais sont habitués à faire de l’article 15, entendez de la débrouillardise, dans tous les domaines, même en matière de production et diffusion télé. Comme disent les férus des termes de guerre, ils tirent sur tout ce qui bouge. Toutes les opportunités sont bonnes pour eux pour se faire la malle. Je sais que ce sont les briques qui font défaut pour produire des émissions de qualité. Je  peux le leur pardonner. Cependant, voici ce qui me choque.

Les présentateurs de la nouvelle génération  jouent au paon en étalant leur sape et en s’excitant inutilement à l’antenne. On en vient à se demander qui de l’invité ou de l’animateur est la vedette du show. Pourtant, j’en vois des talk-shows américains, français et autres. Les présentateurs s’efforcent de garder leur calme, même s’ils racontent de temps en temps des blagues. Chez-nous, en RDC, phénomène nouveau qui n’aurait jamais eu lieu à notre époque, les animateurs croient impressionner le télé-spectateur alors que celui-ci suit l’émission pour admirer son  idole, l’artiste invité, et non le présentateur. C’est un manque flagrant de respect envers le public. L’exemple entraîne. Nos animateurs vont pouvoir observer comment les présentateurs de talk-shows des chaînes européennes et autres opèrent. L’avènement de nouvelles chaînes étrangères en RDC permettra aussi aux télé- diffuseurs locaux de se repositionner en ce qui a trait à la qualité de leurs programmes. Et qui plus est, le peuple congolais va pouvoir s’ouvrir sur l’extérieur et  voir ce qui se passe ailleurs.

En 1977 fut inaugurée par le président Mobutu de la Station de communication par satellite de Nsele. Je fus réalisateur coordonnateur de la transmission de l’événement. C’est de là que m’est venu, en 1980, lors d’un rassemblement populaire dont je supervisais la télé-diffusion en direct,  le sobriquet de « pape », tout simplement parce qu’on m’avait vu m’entretenir avec maître Nicolas Bayona Bamenga et maître José Nimy Mayidika Ngimbi, deux vieux amis du collège de Mbansa-Mboma. Comme si, moi, je n’avais pas le droit d’avoir des relations dans les hautes sphères du pays alors que d’aucuns pouvaient être reçus par le président en personne sans que cela ne cause de problème ! Moi, un pape ! Plus cela m’énervait, plus les employés de Télé-Zaïre en remettaient ! Alors, je me suis résigné. Après tout, à l’époque le Vatican n’était pas aussi éclaboussé qu’il l’est aujourd’hui avec ces scandales à n’en plus en finir ! J’avais au moins une mince consolation : Les Ndjilois m’appellent « Second » ; Papa Wemba m’a surnommé « Vieuxvan ». Ce sont deux sobriquets qui sonnent bien et qui ne sont associés à aucun scandale. Quand je pense à ces artistes qui s’autoproclament ceci ou cela à qui mieux- mieux et à profusion ! Autres temps, autres mœurs !

C‘était juste une parenthèse même si elle était un tantinet longue. Revenons-en  à nos moutons ! Grâce à la station de Nsele, nous pouvions enregistrer des nouvelles diffusées sur des chaînes étrangères. Ce fut une bonne révolution, sauf que la censure était de rigueur et il fallait faire très attention à ce qu’on diffusait. Or, la connaissance des événements qui se déroulent partout sur la planète est essentielle. Bientôt le pays fêtera ses 50 ans d’indépendance. Qu’en est-il du savoir du peuple ? Je ne parle pas de l’instruction mais du savoir en général ? Savez-vous qu’il existe ce qu’on appelle « l’école parallèle ? Ne vous fiez surtout pas aux définitions qu’en donnent certaines personnes sur Internet. Celle dont je vous parle, c’est celle que j’ai apprise à l’université lors de mes études de maîtrise en technologie de l’enseignement. Je vais vous raconter une histoire, puisque, comme vous le savez tous, je suis doué pour la narration et la description (ne m’écoutez surtout pas si vous estimez que je suis en train de me foutre de votre gueule) Jacques Demers, un ancien entraîneur de la Ligue nationale de hockey, gagnant de la Coupe Stanley avec le Canadien de Montréal et animateur des soirées de hockey et tribunes de ce sport à la télé, a surpris tout le monde en avouant, il n’y a pas longtemps, qu’il n’avait presque pas étudié et qu’il ne savait presque pas lire  ni écrire. Il avait trouvé d’autres façons de ne pas le faire paraître. Actuellement, Jacques Demers est sénateur à Ottawa et continue à vaquer à ses occupations d’analyste de hockey. Bravo ! Ceci pour vous dire qu’il n’y a pas que sur les bancs de l’école qu’on acquiert de l’apprentissage. Il y a aussi le vécu quotidien, l’expérience, les voyages, les conférences et surtout les médias : livres, radio, télévision, cinéma, Internet, etc. « Mets-en ! », disent les Québécois. C’est cela la vraie école parallèle ! Le citoyen de la RDC a-t-il accès à tous ces outils d’information ?

Dans un de mes articles, intitulé « le culte de la peur  Le culte de la peur. (31/10/2009 ), je vous ai décrit les conditions dans lesquelles le directeur des programmes (Tshitenge), son adjoint, le chef de la réalisation (moi-même) et celui chargé de la production (Georges Hemedi), à notre époque, vivions avec l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes. Le Grand Léopard ne badinait pas ! Lorsque nous quittions notre maison et notre famille le matin, nous ne savions jamais si nous allions revenir. Il suffisait d’un incident parfois anodin pour que tout bascule.

Tenez ! Tshitenge Nsana a failli se retrouver en prison tout simplement pour avoir diffusé un documentaire de 60 minutes qui faisait l’éloge du président nord-coréen Kim Il Sung. Or, ce jour-là, le président Mobutu revenait d’une visite triomphale de quelques semaines à l’étranger. Il était furieux que Kim Il Sung, un communiste, fût sur tous les écrans alors que c’est lui seul, le Guide de la Révolution et du pays, qui aurait dû avoir droit à cet honneur. Qui plus est, les défilés militaires, les marches et rassemblements des nord-coréens, les chants glorifiant leur Grand leader étaient plus impeccables et synchronisés que ceux dont le régime Mobutu nous avait abreuvés. « Moyibi alingaka bayiba ye te ! » Bref, le président interpella le ministre Édouard Mokolo wa Mpombo, notre patron à l’époque. Hors de lui, il exigea que Tshitenge soit congédié illico presto et renvoyé quelque part aux environs de Luebo dans son village d’origine. Heureusement, le ministre admirait Tshitenge pour son savoir-faire et son intégrité. Il fit croire au président que son ordre avait été exécuté à la lettre. En réalité Tshitenge resta à son poste avec cette seule injonction que son non ne parût nulle part à la télévision. L’intéressé se tint coi. Un jour, Mobutu se souvint de lui et demanda qu’il réintégrât Kinshasa et ses fonctions.

Coup de chapeau à Mokolo ! J’en connais des lèche- c…qui auraient fait preuve de zèle ! D’ailleurs, je suis personnellement reconnaissant envers le Vieux  Mokolo. C’est grâce à lui que je fis partie de la délégation officielle de journalistes qui visitèrent la Chine populaire en 1978 et fut reçue par feu le président Deng Xiao Ping. Une fois de plus, cela fit des jaloux même parmi mes amis les plus proches. Tout le monde pouvait avoir des entrées partout sans être inquiété, sauf moi. Mes relations avec Col Canto, Franco, Edingwe, Lengema dit « Le big manager », le Vieux Mingiedi de Vita alias « Mimile », Jean-Claude Tambwe (beau-frère de Mobutu) et tant d’autres politiciens, gens d’affaires, mécènes et musiciens étaient mal vues. À bien y penser, je ne fus pas le seul puisque Mukendi Kasonga Madimba , Tshitenge Nsana et tant d’autres qui, eux, n’étaient pas des « Souverain Pontife », se sont fait piéger. Il y avait une phrase chère à feu Simon Kimpianga di Luebo : « Ça dépend des professeurs » ! Il disait ça pour blaguer, bien sûr !

 

Ne croyez surtout pas que je sois en train de régler mes comptes. Loin de là ! Un moment donné, mes amis, il faut savoir dire la vérité pour que ça arrête ! Vous avez vu ce qu’ils ont fait à un réalisateur aussi compétent, intègre et célèbre que Lutu Mabangu. Dégueulasse ! En tout cas, voyez dans quelles conditions nous travaillions en plus d’être sous-payés! Tout cela ne se serait pas passé si nous vivions dans un pays qui favorise l’éclosion des talents, la libre expression et l’ouverture de ses citoyens sur le monde.

Le bourrage de cerveau et la peur des représailles du temps de Mobutu sont révolus, je l’espère ! Mais, il est très important de ne pas laisser le peuple végéter dans l’ignorance, C’est ni plus ni moins de la servitude ! À quoi bon l’indépendance alors ? L’envie, la jalousie, les censures arbitraires et le refus de voir d’autres médias s’installer chez-nous donnent cette impression.

Est-il besoin de souligner que la concurrence, la compétitivité et l’émulation sont des clés de la performance ?  J’ai, à ce sujet, un article prêt à être diffusé que je vous livrerai bientôt.  Certains journalistes et réalisateurs font preuve d’un immobilisme et d’une carence d’inspiration notoires. Le journalisme ainsi que les professions de cinéaste ou d’homme de télévision ont des exigences considérables. En effet, lorsque ces démons de la plume, du micro ou de la caméra se gourent, ils induisent des millions de personnes en erreur.  Je viens de lire des articles d’auteurs qui collent le prénom de « Étienne » à Simon Lungela et de « Célestin » à Sylvain Tshitenge Nsana. Imaginez si quelqu’un appelait  Barack Obama « Johnny » Obama ou  Nicolas Sarkozy « Muhammad » Sarkozy ? Où est le sérieux ? À ce propos, je me rappelle un incident qui s’est déroulé jadis. Ignace Mabeka, très célèbre à l’époque grâce à son émission matinale « Super-contact »,  annonça à la radio le décès de Vicky Longomba. Ce fut tout un émoi. Cela s’appelle un scoop en langage journalistique, une exclusivité, et ça remonte votre crédibilité ainsi que vos cotes d’écoute. Malheureusement, mal lui en prit, dans le cas d’Ignace Mabeka. En effet, on se rendit qu’il avait été mal informé. Il n’était peut-être pas fautif à 100%, sauf que…

Oui, sauf que dans ce métier-là, c’est vrai qu’il faut savoir prendre des risques mais, en même temps, on n’a pas droit à l’erreur.  Encore une fois, j’en reviens au même concept de la rigueur qui exige d’être à la fois créatif, curieux, branché, investigateur, circonspect et discipliné. Celui, qui est sûr de lui et détient ces qualités-là,  n’appréhende pas la concurrence. Il l’affronte et la défie même ! TV5, Canal 24, RFI ? Baya ! Tozozela bango, de pied ferme! Si j’étais feu le Vieux Ambroise Mosete Mbombo, celui qui appelait Kidumu Mantantu « Raououl » et Manuélé Kakoko Etepe « Kakok », je m’exclamerais « Mafuta ya ntaba » ou encore, comme dit dans une chanson que j’aime bien écouter, « Mundele, donné-moi lé caisse… pour mettre le nkombo …le nkombo qui a quatre pattes…et qui pleuré meee…»

Par contre, les diffuseurs occidentaux disposent de moyens financiers qui peuvent servir à donner un coup de pouce à des productions locales, telles les séries et variétés mieux élaborées. C’est une opportunité que nos auteurs scénaristes doivent s’empresser de saisir. Est-il aussi besoin d’ajouter que, grâce à l’avènement des nouvelles chaînes de diffusion, le choix des téléspectateurs sera plus diversifié, nos animateurs locaux vont devenir plus professionnels et le champ d’apprentissage du peuple sera grandement plus étendu ? C’est de bonne guerre !

J’ai hâte de voir la suite ! « Ita kuya matata » !

Allez ! Assez blagué ! Je vous retrouve demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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