RD Congo: Les peines d'amour selon Simaro
Qu’est-ce qui a rendu Simaro Masiya Lutumba célèbre ? Le thème de la peine d’amour. Comme le poète l’a si bien dit lui-même dans « Maya » : boligo eponi ekolo te, eponi riche te, eponi pauvre te.
Allez donc poser la question au couple présidentiel français qui a été su centre de plusieurs rumeurs vite démenties! L’amour est aussi le thème favori de l’autre des deux musiciens que j’admire. Il s’agit de Julio Iglesias.
Les amours célèbres réels ou fictifs se ramassent à la pelle : Samson et Dalila, Tristan et Iseult, Orphée et Eurydice, Marcel Cerdan et Édith Piaf, Bonnie et Clyde, Richard Burton et Lyz Taylor, Aristote Onassis et Jackie Kennedy, et j’en passe. Ceux-là sont les gens connus. Mais a-t-on pensé à tant d’autres idylles qui finissent bien ou mal ? C’est l’amour qui dirige le monde.
Je me suis souvent demandé si les Africains connaissent vraiment l’amour absolu. Nos coutumes ancestrales et nos pratiques modernes entretiennent de sérieux doutes à ce sujet. Les hommes aiment avoir plusieurs bureaux ; les femmes, celles qui ne s’en laissent pas imposer, leur rendent la monnaie de leur pièce. La chanson « Mayamba » de nul autre que le même Simaro Lutumba illustre bien cette situation. Les hommes et les femmes se rejettent réciproquement la pierre.
- Mibali balingi basi ya kitoko ; basi balingi mibali ya mbongo to lokumu.
Cet état des choses a été souvent désastreux pour certains protagonistes qui ont perdu le goût d’aimer comme dans « Kanda te, zuwa te » de Kiese Diambu ou celui de vivre comme dans « Maya » de Simaro Lutumba »
Ce dernier, qui s’est dernièrement proclamé un des gardiens de notre vieille capitale, j’ajouterais qu’il l’est aussi la musique qui fait la promotion de nos mœurs et coutumes, n’en démord pas de chanter le thème de l’amour, particulièrement celui de la peine d’amour. À ce titre, il se met aussi bien dans la peau d’un homme au cœur brisé que dans celle d’une femme délaissée qui crie sa douleur. J’ai choisi cet exemple pour parachever ce que j’avais affirmé un jour à l’effet que, avec un thème donné, on peut écrire ou réaliser des milliers de bouquins ou films. En musique, c’est le même refrain.
Dans l’œuvre de Lutumba, on retrouve d‘un côté plusieurs chansons dans lesquelles la femme se plaint de son sort. C’est le cas de Minuit eleki Lezi, Mbawu, Sylvain, Merci bapesa na mbua, Dathi Pétrole etc. et de
l’autre où c’est l’homme qui verse des larmes de frustration et d’impuissance. On le voit bien dans Mbole, Kadima, Maya et Eau bénite.
Les chansons de Lutumba et de son maître Franco nous dépeignent souvent des femmes victimes des caprices et infidélités des hommes. Cela découle, à mon avis, de deux facteurs : le premier est le fruit de nos coutumes qui privilégient encore la suprématie de l’homme sur la femme ; le second, c’est la dépendance financière de la femme. Il ne faut pas se le cacher, depuis la création d’Adam et Ève, cela a toujours été ainsi.
Mais, les temps ont changé envers et contre les Saintes Écritures.
Dans les jours à venir, nous allons aborder plusieurs sujets concernant les couples de la diaspora notamment les relations de couple. L’éducation des enfants et les soirées intimes.
Il y a beaucoup à dire, croyez-moi. Le choc culturel fait beaucoup de victimes. Des couples qui divorcent, des enfants mal élevés ou rebelles, des soirées intimes moqueuses, bref ce ne sont pas les sujets qui manquent.
À demain !
Sacha Distel - Monsieur Cannibal