Popularisation du cinéma congolais, un faux débat.

Publié le par Célestin S. Mansévani

POPULARISATION  DU  CINÉMA CONGOLAIS, UN FAUX  DÉBAT.

J’ai suivi avec intérêt le débat, et j’y ai même participé, sur la popularisation du cinéma congolais. Ceux qui ont lu mon commentaire n’ont peut-être pas saisi le fond de ma pensée.

À la fin de 1981, maître José Nimy Mayidika Ngimbi m’a fait venir dans son cabinet à l’époque où il était directeur du bureau du président de la République. Nous avons ensemble évoqué nos souvenirs de jeunesse. À la fin de notre entretien, il m’a invité à lui soumettre un projet pour lui expliquer qu’est-ce qu’il me fallait pour pouvoir produire des films de qualité professionnelle. Il était disposé à m’aider. De retour à Télé-Zaïre, j’en ai parlé à Tshitenge N’Sana à qui je ne cachais rien de mes intentions et relations personnelles. Nous étions collègues et amis. Malheureusement, en février 1982 je me suis envolé pour la France pour mes études à l’Institut National de la Communication audiovisuelle (I.N.A.) Je ne l’ai pas regretté et pour cause !

Les deux clés de réussite du cinéma sont les idées et l’argent. Nous avons prouvé que nous avions les deux. Personne ne me convaincra que les Nigérians ou les Ivoiriens sont plus nantis que nous à ce sujet ?  Le cinéma est un art complexe et coûteux, il est vrai, mais les productions se font grâce à la collaboration et à l’implication de producteurs et co-producteurs sans omettre les commanditaires de publicités. Avec les relations et la notoriété que nous nous étions bâties, cela ne devait pas poser de problème.

Cela est valable pour d’autres cinéastes aussi ! Komba Kayumba, Lutu Mabangu, Tshitenge Madika, Masamba Mwinkwa Maseke Muaninta, Shongo Onokoko, Luzolo Puati, Bokakala, Wamushala, cela vous dit-il quelque chose ?

« Kinshasa, babetaka tolo te ! » Relisez mon article intitulé « In Memoriam, texte révisé » et vous aurez la réponse aux questions que vous vous posez. Savez-vous ce qui est arrivé à Tshitenge N’Sana ? Un jour, grâce à Mutombo Buitshi et à Matufueni alias Ebale Mondial, le feu président Mobutu les a reçus Mutombo, Tshitenge, Ebale et Bomengo à Gbadolite. Lorsqu’ils sont revenus à Kinshasa, ils avaient reçu des cadeaux du président, de quoi rendre jaloux leur entourage. En plus de l’argent, Tshitenge s’est vu octroyer une Mercedes et le groupe un mini-bus. Ils ont été harcelés. On leur demandait de mettre le mini-bus à la disposition de Télé-Zaïre puisque c’est celle-ci qui était le bailleur de fonds de l’émission. Excédé, Tshitenge a dû se débarrasser du véhicule en le vendant et il en a distribué le fruit de la vente au groupe. Autre chose. Tshitenge s’était fait construire une résidence cossue à la Cité Salongo qui suscitait l’envie de plusieurs.

C’est alors qu’il a commencé à éprouver de graves ennuis de santé. On connaît la suite. La seule rescapée des quatre « mousquetaires » qui ont été reçus à Gbadolite est Bomengo qui, du reste, a dû se mettre à l’abri en Belgique.

Dès lors, ne vous demandez plus pourquoi le Groupe Salongo n’est plus le même ni pourquoi le cinéma congolais bat de l’aile.

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