Honni soit qui mal y pense

Publié le par Célestin S. Mansévani

HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE

Mon article intitulé Haro sur les «mabanga» a suscité quelques réactions bonnes pour la plupart. J’ai cependant reçu un

courriel qui me reprochait de déprécier la musique congolaise actuelle. C’est tout à fait faux et je me mets aussitôt en devoir de faire une mise au point.

La musique congolaise actuelle regorge d’artistes de talents. J’ai toujours été un fervent admirateur de Papa Wemba, Koffi Olomide, King Kester Emeneya et Nyoka Longo pour ne citer que ceux-là. Ces artistes là sont des génies, des surdoués! Des chefs-d’œuvre comme Bokulaka, Chouchouna, Amazone, Santa, Mi Amore, Maria Valencia, Maman, Esclave, Mère Supérieure, Synza, Aïsa na Zoé,  Ngonda, Nzinzi, Mokusa, Pa Auguy, Amando, Nalali pongi, Crois-moi, Sentiment Awa et autres sont d’une originalité et d’une beauté sublimes ! D’ailleurs, je me suis fait un devoir sacré de les conserver soigneusement dans ma collection personnelle à côté d’autres merveilles, celles du passé : Kallé, Nico, Franco, Rochereau, Vicky Longomba, Lucie Eyenga, Simaro Lutumba, Mujos, Kwamy, Johny Bokelo, Sangana, Sam Mangwana, Zaïko Langa-Langa, Bella-Bella, Langa-Langa Stars, Thu Zaïna, Empire Bakuba, Viva la Musica, Vévé, Lipua-Lipua, Sosoliso, Negro-Succès et autres.

Les tubes des quatre grandes vedettes citées ci-dessus ont fait un succès du tonnerre sans contenir des «mabanga». Vrai ou faux ? Qu’on fasse une dédicace de temps à autre à une ou deux personnes connues, je n’y vois pas de mal. Moi-même, feu Sangana m’a immortalisé dans «Rendez-vous ya suka epai ya Second» de la chanson «Marie Nella» ! C’était normal. Dans les années de gloire de Fiesta Sukisa, feu Chantal et lui, mes idoles, passaient souvent la nuit chez-moi après leur concert chez «Suzannella Maison Mère» à Limete! À l’époque, j’étais secrétaire communal à N’Djili et je ne me doutais jamais qu’un jour je me retrouverais à la télévision en train de faire la promotion d’artistes ! Lita Bembo et Kanda Bongo Man m’ont également respectivement cité dans Gida et Mazena. C’était aussi de bonne guerre. Ils ont nommé là des gens de la télé dont je faisais partie! Je n’ai jamais adressé des reproches à Simaro Masiya Lutumba et son écurie qui ont chanté Mao, Lukusa Tanzi, Sandoka, Sylvain Teddy Kinsala, Père Boucher, Mulele, Farya, Bimasha, Kabongo, José Mukeba et j’en passe? «Honni soit qui mal y pense»!

Les «mabanga» que je dénonce ce sont ces litanies de noms de gens, la plupart des «mapeka» en mal de gloire, que certains musiciens citent sans qu’ils n’aient un rapport quelconque ou une signification particulière. Ils contribuent, avec ces cris tonitruants et cacophoniques des «Atalaku» déchaînés, qu’à rabaisser le niveau de notre musique. Et si vous voulez tout savoir, ils sentent le «coupage» à plein gaz!

Dites-moi, qu’est-ce que les «mabanga» ajoutent à la beauté de chansons telles que «Mademoiselle», «Washington» ou «Dede sur Mesure» ? Rien! Absolument rien! Voilà où le mât blesse!

«L’exemple entraîne», dit un adage bien connu. Les quatre musiciens que je viens de citer sont de vrais leaders et ils devraient donner le ton aux à leurs congénères et à ceux en devenir en proscrivant de leurs belles œuvres ces «mabanga» sans queue ni tête. Ils n’ont qu’à monter les enchères auprès de leurs bailleurs de fonds habituels. Personne ne leur en voudra.

Je ne puis terminer sans jeter des fleurs à Sam Mangwana, une icône incontestable et incontestée. Sam est resté en dehors du phénomène décrié et continue à nous abreuver de chansons délicieuses à souhait sans verser dans le mercantilisme. Bravo, Muana Ndoku!

Chers amis musiciens de la nouvelle génération, tous aussi doués: JB Mpiana, Werrason, Fally Ipupa, Awilo Longomba, Bokelo Blito et autres, je ne vous ai pas connus personnellement, il est vrai, parce que vous n’étiez peut-être que des bambins à l’époque, mais j’ai aussi, pour ma collection personnelle et privée, la plupart de vos chansons grâce à Limewire et Youtube. Je comprends la conjoncture actuelle mais je vous invite à faire un examen de conscience. Nous avons une des plus belles musiques au monde. Faisons qu’elle ne se dégrade pas mais que, au contraire, elle atteigne les plus hauts sommets. Tout est encore possible. Vous êtes de ceux qui détiennent la clé de l’énigme. Alors, qu’attendez-vous pour agir? Un fruit mûr tombe de lui-même; il n’a pas besoin qu’on lui jette une pierre. Vous-mêmes, avez-vous besoin qu’on cite vos noms dans des «mabanga»? Non, n’est-ce pas? Pourquoi? Parce que vous vous feriez passer pour des «mvenants»! «Talaka libata, atomboli mapeka; kata ye lipapu»! Oh! Mapeka!

Prochainement:

Rien ne sert de courir.

Le procès de nos vidéastes.

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BOKELO BLITO 15/03/2009 20:21

Merci pour votre commentaire.Votre article m'a ramené dans mon enfance à l'époque de télé Zaïre. A l'époque où mon père faisait grand succès...Bonjour à tous mes compatriotes dispersés dans le monde. Sans oublier ma famille au Canada.
BOKELO Blito

Célestin S. Mansévani 15/03/2009 22:56


Merci, cher Blito.

Ton père et moi étions très amis. Tu étais peut-être trop jeune à l'époque. Mais j'ai fait des clips avec le vieux Johny. Certains jaloux me l'ont d'ailleurs reproché en me disant «Yo ozolekisa
vieux wana. Asila!» Et pourtant c'était faux. Ton père avait du talent. C'est le seul de sa génération, à part Rochereau, qui est passé à la télé dans les années où j'oeuvrais à Télé-Zaïre. Je suis
souvent allé chez lui à Lemba avec lui. J'ai connu aussi ton oncle Pothos qui était de ma génération. L'autre vieux, Dewayon, je l'ai connu de loin. Merci de ton commentaire. Je vais transmettre
tes salutations et amitiés à tes fans d'ici. Salue des nombreux fans de ma part. Célestin Sesevi Mansévani.