RD Congo - le bon jugement de Kengo

Publié le par Vieuxvan

RD Congo : le bon jugement de Kengo

 

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Kengo wa Dondo est l’un de ces politiciens pour qui j’ai toujours eu du respect pour son bon jugement, sa rigueur et son sens de la justice. Je n’ai donc pas été surpris par certains de ses propos prononcés devant le Sénat lors de l’ouverture de la nouvelle session de celui-ci.

Social et de sécurité
Kengo invite le gouvernement à plus d’efforts ! Kinshasa, le 17/09/2010

 

Trois éléments essentiels de son adresse m’ont particulièrement intéressé. Il s’agit de la situation sociale, de la sécurité et de la Fonction publique.

 

La pauvreté est la grande plaie de notre société. Elle a souvent été décriée. Il est, en effet, inadmissible que, avec toutes ces ressources naturelles dont regorge le pays, certains citoyens meurent de faim et que les plus futés aient choisi le faux exil. J’ai bien dit « le faux exil » car nombre des Congolais de la diaspora se sont fait passer pour des réfugiés alors qu’il n’en était rien. C’est la misère qui les a fait fuir le pays comme l’a bien chanté Simaro Lutumba dans « Ophela »( la misère divise) J’en ai   parlé, je veux dire de la pauvreté,  dans certains de mes articles.

Entre cochons et chiens. (02/03/2010 )

Bonana noir chez les Noirs. (03/01/2010 )

 

Je n’ai pas envie de m’y attarder puisque le président Joseph Kabila a promis de s’y atteler et qu’il a démontré, à mes yeux depuis que j’ai appris à mieux le connaître, que c’est un homme de parole.

 

Le deuxième point concerne la sécurité de notre pays. J’ai retenu, à cet effet, le passage du discours du président du Sénat qui en parle :

 

La première phase va de 2009 à 2011. Elle consiste à réorganiser les FARDC notamment, par l’adaptation du cadre juridique, la réforme des structures et la formation personnelle. La seconde ira de 2011 à 2016. Elle poursuivra l’objectif de la montée en puissance des FARDC. A propos de la Police, la structuration tant nationale que locale requiert un recrutement d’éléments jeunes, instruits et casernés.

 

Voilà qui me réjouit. J’ai, moi-même, dans de nombreux articles, insisté sur la nécessité de nous doter d’une armée moderne et redoutable pour bouter à jamais dehors d’un coup de pied dans le postérieur tous les voleurs et aventuriers qui viennent piller nos richesses et truander nos pauvres concitoyens de l’est du pays et d’ailleurs.

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Je suis parfaitement d’accord avec le concept des casernes pour policiers. J’avais déjà suggéré qu’il y en ait pour les militaires aussi. C’est très important.

Floribert Chebeya : sanguis martyrum… (11/06/2010 )

 

Les militaires et les policiers doivent habiter dans des casernes, Si les policiers peuvent être logés dans des camps situés en ville, les militaires, par contre, n’ont rien à faire en ville. Ils devraient demeurer dans des casernes en dehors des villes.

 

Le troisième volet est celui de la Fonction publique. J’ai, moi-même, été fonctionnaire. Je sais donc de quoi il retourne. La corruption engrène l’appareil administratif congolais depuis des décennies, ce qu’on ne voyait pas à l’époque coloniale.  Pourquoi ? Parce que les fonctionnaires sont sous-payés et qu’ils demeurent plusieurs mois sans recevoir leurs accréditifs. Alors, ceux qui sont en position de le faire, entre autres les agents des services des cadastres et des douanes, se servaient eux-mêmes à satiété et profusion, défiant le slogan « MPR=Servir et non se servir ».

Dénonciation dans un mémo transmis au Chef de l’Etat des magouilles dont abuse l’administration des affaires foncières !

 

Quand un membre de notre corps est atteint de gangrène, le médecin nous le coupe. C’est exactement pourquoi, je crois, que le président du Sénat préconise cette approche. N’oublions pas qu’il fut Premier ministre et ministre de la Justice dans la Deuxième république et qu’il fut l’un de ceux qui voulut assainir la Fonction publique. Je me souviens encore de ce scandale, initié par lui, en 1981, pour dénoncer et arrêter plusieurs fonctionnaires qui étaient impliqués dans une grosse affaire de détournement des deniers publics. Il paraît que des fils du président Mobutu faisaient partie de la clique. Finalement, cette alerte générale se mua en pétard mouillé !

 

S’il faut envoyer les vieux fonctionnaires à la retraite, il faudra s’assurer qu’on sera en mesure s’assurer leurs vieux jours. Ce ne sont pas tous les fonctionnaires qui sont de mauvais citoyens ; il en est qui sont honnêtes. Beaucoup d’entre eux ont servi notre pays dans des conditions parfois difficiles. On ne devrait pas les payer en monnaie de singe !

Après le Pnud, la Banque mondiale finance la retraite des fonctionnaires

 

La seule inquiétude que j’ai, c’est  à propos du rajeunissement de la Fonction publique. Le président du Sénat a dit :

On ne doit pas réformer la Fonction Publique, mais plutôt bâtir une Administration Publique efficace

 

Il a raison. Beaucoup de jeunes sont démotivés au point que l’école ne les intéresse plus comme à notre époque. Qui plus est, le niveau de l’enseignement a complètement baissé. Qui aurait cru que toute une promotion du Collège Notre-Dame de Mbansa-Mboma pouvait échouer aux examens d’État ? Et pourtant, c’est ce qui est arrivé une fois vers 1989! Mon fils aîné Risée Mansevani, a failli faire partie du groupe. Heureusement qu’il a changé d’école et a terminé sa dernière année scolaire ailleurs. Qui l’eût cru à notre époque alors que nos aînés étaient considérés comme la crème des diplômés du secondaire ? Je m’inquiète beaucoup de la qualité du français chez nos jeunes actuels. La Francophonie devrait se pencher sur ce problème. Et c’est cette langue, le français, notre langue officielle, qui a cours  dans la Fonction publique.  Cela m’inquiète.  Si déjà, ici au Canada,  les Québécois, dont elle est la langue maternelle, le parlent et l’écrivent mal, qu’en est-il de nos enfants et petits-enfants à nous ? Les dossiers risquent d’être truffés de fautes de grammaire et d’orthographes ! Autres temps, autres mœurs ! Il faudra y penser lors de la sélection des futurs fonctionnaires.

 

Pour terminer, je reviens à la question essentielle, celle du nerf de la guerre.  On ne va pas envoyer à la retraite forcée tous les fonctionnaires ? « Ventre affamé n’a point d’oreille » Si le problème des salaires de misère persiste, nous risquons de nous retrouver dans la même situation qu’auparavant autant avec les militaires et policiers qu’avec les fonctionnaires.

 

« Qui, a bu, boira ! » Ne l’oublions surtout pas !

À demain!

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